L’apprentissage du leadership façon Jimmy Butler

Jimmy Butler, ou comment redonner le goût de la victoire à une franchise depuis trop longtemps absente du palmarès du trophée Larry O’Brien. Tel pourrait être le titre de cet article.

L’actuel franchise player des Bulls a tenu une conférence téléphonique avec des médias internationaux dans le cadre du NBA Christmas Day. Papers Above The Rim a eu l’honneur d’être convié et vous transporte dans l’univers Jimmy Butler.

Defense leads to offense

L’arrière des Bulls commence sa carrière NBA en décembre 2011, quelques mois après avoir été drafté en 30ème position par les Bulls de Chicago. Lock-out oblige, sa saison rookie est écourtée, mais il revêt peu d’importance dans le roster de Chicago à l’époque, ne foulant les parquets que 8 minutes par match. Sa deuxième saison est davantage fructueuse puisqu’il prend une part importante dans l’effectif des Bulls, notamment grâce à son efficacité défensive sur l’homme. Lors de sa troisième saison, en 2013-2014, il devient indispensable pour les Bulls, notamment en l’absence de Derrick Rose blessé. Il débute chacun des 67 matchs qu’il joue, et depuis, il n’a plus jamais commencé un match sur le banc. Limité à 13 points de moyenne, il garde son rôle de défenseur avant tout. C’est donc tous les arrières-ailiers stars de la NBA qui doivent faire avec Jimmy Butler et son physique imposant.

La transition vers un Jimmy Butler efficace à la fois défensivement et offensivement s’est faite à partir de sa quatrième saison dans la grande ligue. Pendant deux ans (jusqu’en avril dernier), aux côtés de Derrick Rose, il alimente régulièrement la marque des Bulls, scorant 20 points par match, tout en restant la plus grande menace défensive de son équipe. Il développe sa palette offensive en devenant surtout très fort en pénétrations, ce qui le mène sur la ligne des lancers-francs très régulièrement.

Statistiques Jimmy Butler 27.12.2016
Jimmy Butler est au top de sa carrière

Exercer son leadership

Sur le plan individuel, son talent est reconnu : deux fois All-Star et trois fois membre de la NBA All-Defensive Second Team. Sur le plan collectif, Jimmy Butler n’y est toujours pas. Deux échecs au premier tour des playoffs, deux échecs en demi-finale de conférence, une non-participation aux playoffs la saison dernière… L’ogre LeBron James ne suffit pas à expliquer cette absence des Bulls dans les premiers rôles en play-offs depuis cinq saisons. Et Jimmy Butler entend pouvoir redonner un peu de gloire à la franchise des Bulls.

Satistiques Saisons Chicago Bulls 27.12.16
Les Bulls n’ont plus gagné gagné de bagues depuis trop longtemps

Cet été, la carrière de Jimmy Buckets prend une autre ampleur. Trois éléments en sont à l’origine : le transfert de Derrick Rose à New-York, l’arrivée de Dwyane Wade à Chicago, et sa participation aux JO.

Son association avec D-Rose a longtemps été critiquée. A tort ou à raison, peu importe finalement. Les deux arrières n’ont jamais réellement su tirer avantage l’un de l’autre, mais c’est davantage le leadership au sein de l’équipe qui posait question. Qui de Rose ou de Butler dirigeait les troupes ? Le départ du MVP 2011 permet en tout cas à Jimmy Butler de récupérer une bonne partie du leadership des Bulls. Un rôle de leader clairement établi mais finalement nouveau pour l’ancien de Marquette.

« Our team is very different this year than last, but i like the group of guys that we have you know, i’m fine with the role thant I’m in now. I think it’s a learning curve for me every single day, just like it is for everbody else this year. And then I’ve still got young guys that I have to try to mold and try to teach them what it takes to get on the level of Dwyane Wade, of Rondo and how to win. I think that’s my job. »

Dwyane Wade, mentor de luxe

Bien évidemment, le leadership ne peut être assuré par le seul Jimmy Butler lorsqu’un champion comme Dwyane Wade est présent dans l’effectif. Sa seule présence traduit une forme de respect et de reconnaissance envers ses prouesses passées. Son niveau de forme actuel prouve d’ailleurs que l’ancien Amigo est un maître dans le professionnalisme. Butler y va de ses louanges également.

« There is different ways to lead and to go about it. He [Dwyane Wade] just knows how to win, he knows what it takes to win the champs he’s done yet, he’s always watching films in the gym, taking care of his body. So myself, the young guys we’re fascinated because that’s how he get the play as many years he’s played. And be the type of player he has been, it’s because he has constantly working, every single day when he’s not on the basketball court. (…) He’s been amazing. He’s been great. You watch the way he goes about everything, on and off the floor. He’s no questionnable of why he is the type of players he is, why he had so many ASG, all-NBA teams, winning championships. »

Jimmy Butler & Dwyane Wade Chicago Bulls
Une complicité naissante entre Jimmy Butler et son mentor Dwyane Wade

Butler insiste également sur l’amour dégagé par Dwyane Wade à son environnement proche.

« You just see the way he is off the floor and what he does in his community and this city, the way he is with his family. He’s such a great human being, and everybody knows him for the basketball player that he is, but off the floor he’s just a human being. The love that he gives to everybody, that’s what makes Dwyane Wade Dwyane Wade. »

Team USA, expérience de luxe

Nous l’évoquions en début d’article, Jimmy Butler a vécu une nouvelle expérience cet été, en prenant part à la conquête de la médaille d’or aux JO de Rio avec Team USA. Une bien belle façon d’apprendre à exercer son leadership si l’on en croit ses propos.

« Olympics are a great experience, it’s been around, so many great guys, looking and watching the way they win about the game, their routines, how hard they worked when they were not playing an international basketball game, get to know them on the personal aspect. That was huge. It really told me a lot. »

Jimmy Butler Dribble 2016
Jimmy Butler apprend l’art du leadership saison après saison

Les Bulls des 90’s : passé de luxe

L’exercice d’un tel leadership prend une toute autre importance au regard du passé glorieux des Bulls de Chicago à l’époque des 90’s. La franchise n’a plus gagné depuis Michael Jordan et son fameux threepeat entre 1995 et 1998. Les fans vivent encore grâce à ses moments du passé, mais souhaiteraient pouvoir contempler d’autres bannières en haut du United Center. Jimmy Butler se sent-il investi d’une mission ? Quelle pression peut-il ressentir à cet égard ? L’intéressé répond tout en sincérité qu’il entend tracer sa propre route.

« I want to leave my own legacy. I want to be known for me winning games, not just being in the same organization as Scottie Pippen, as Michael Jordan, as Dennis Rodman, as all those guys.  I have my own legacy and story that I’m trying to write.  So, yeah, obviously, the goal, the reason you play this game is to win.  Obviously, I would like to do that.  But I’m not living in the MJ shadow.  I’m trying to be the best version of myself that I can be. »

Objectif : dominer à l’Est

Derrière ses 24 points par match cette saison, Jimmy Butler montre cette saison ses qualités de franchise player. A 27 ans, il a maintenant fait son entrée dans le top de la hiérarchie des meilleurs extérieurs de la ligue. Il va probablement être sélectionné par ses pairs, les journalistes, ou les fans au prochain All-Star Game à la Nouvelle-Orléans pour la troisième fois consécutive.

Cette saison, Chicago est branché sur courant alternatif. C’est insuffisant pour prétendre être un candidat sérieux au titre. Leur actuelle 7ème place leur confère plutôt un statut d’outsiders dans cette course intense. Dans les saisons à venir, il compte faire de ses Bulls un concurrent sérieux à LeBron James et ses Cavs, pour atteindre son objectif ultime de remporter une bague. Reste à Jimmy Butler de mettre en œuvre le leadership qu’il parviendra à acquérir aux côtés de champions comme Rajon Rondo et Dwyane Wade.

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