Al Horford, sérénité et confiance

Débarqué à Boston durant l’été, Al Horford a souhaité donner une nouvelle direction à sa carrière NBA. L’ancien coéquipier de Joakim Noah sous les couleurs des Gators de Florida en NCAA de 2004 à 2007, par ailleurs titrés en 2006 et 2007, intègre donc les troupes de Brad Stevens avec pour objectif de faire grandir la jeunesse des Celtics. Après 9 saisons, la page Atlanta est tournée.

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Depuis son arrivée dans la grande ligue, le troisième pick de la draft 2007 a eu le luxe de disputer les playoffs chaque saison, hormis en 2013-2014 pour cause de blessure. C’est toute cette expérience qu’il va tenter d’apporter à la prestigieuse franchise de Boston qui cherche à retrouver sa gloire perdue depuis son dernier titre en 2008. L’intéressé a répondu en toute franchise lors d’une visio-conférence avec les médias internationaux à laquelle était conviée la team PATR.

« It’s really an honor to be a part of this franchise, this organisation. Like you’ve said, so much history. But at the end of the day, really it’s nice but that’s not what it is about. It’s about me coming and making an impact and helping us to win a championship. That’s why I’m here for us and why I decided to move from a situation that was good for me and to a better one here with the Celtics. »

Apprendre aux plus jeunes

Car clairement, le défi collectif reste identique pour Al Horford : tenter de bousculer la hiérarchie à l’Est en musclant la raquette d’un outsider de Cleveland. Quand ce n’est pas Atlanta, c’est Boston. Finalement, les Hawks ont décidé de reconstruire différemment la franchise, et Al Horford est conforté dans son choix de rejoindre les Celtics. A Boston, il retrouve des fondamentaux assez semblables à ceux d’Atlanta : le partage du ballon, la défense collective et l’application scrupuleuse des systèmes. Habitué à se fondre facilement dans le collectif, Horford tente depuis son arrivée d’apporter son professionnalisme et sa rigueur dans le vestiaire, en particulier aux plus jeunes, les Marcus Smart, Jaylen Brown ou autres Terry Rozier et James Young.

« I think that the first thing is leading by example : making sure that the guys is seeing a good example in me, how I care of myself, how I work every day, how I take care of my body. And then also on the court, I help them, make the game easier for them. Defensively, giving them pointers. On offense, showing them why they can be better. And then really just trying to make them understand that it’s all about winning. […] I think that’s how you become a special team. »

Al Horford, patron de la raquette des Celtics
Al Horford, patron de la raquette des Celtics

Isaiah Thomas, ce All-Star

Forts d’un bilan de 26 victoires pour 17 défaites, les hommes de Brad Stevens progressent semaine après semaine, régularisent leurs performances, et se positionnent donc comme les premiers outsiders de l’Est derrière Cleveland et Toronto. Le pivot dominicain assiste de près à l’affirmation d’Isaiah Thomas, clairement le franchise-player de Boston depuis le début de la saison. Le petit lutin des C’s porte sa franchise notamment dans les quatrièmes quart-temps cette saison, et permet aux fans d’espérer un premier tour de playoffs à domicile en avril prochain.

« I definitly think he is an All-Star, and there is no question about that. You know the way that he has played this year […], the way that he works… I don’t want to push those types of pressure on him, I think that if he continues to do the right things and continue to grow the right way, he’s gonna having an opportunity to be in those discussions, to be an MVP, and competing for championship. Basketball is team sport, he knows that and understands it, and it’s all about both work in the right way. »

Cleveland, mais pas que

Si les Celtics comptent aller au bout dès cette saison, ils devront se frotter à la montagne LeBron. Les Cavs visent en effet une troisième épopée en NBA Finals et semblent plus armés que jamais. Néanmoins, Al Horford est confiant quant à la capacité de ses coéquipiers à progresser d’ici les playoffs et à se sublimer afin de vaincre les protégés de Tyronn Lue.

« I think that defensively, we’re making strive as a group. I feel like we are not at our peak when we’re playing our best basketball which is a positive thing and we’re still willing to be competitive. But if we keep improve the defensive end, if we keep develop the guys, I feel like we have a realistic chance to compete with anyone at the end of the year. »

Sérénité et confiance

Aux côtés de Isaiah Thomas, le Dominicain se mue effectivement en leader de groupe, et amène toute son expérience du jeu à ses coéquipiers. Son impact est moins étincelant que celui de Isaiah Thomas, mais il n’en est pas moins important. Sa moyenne d’assists par match n’a jamais été aussi forte que cette saison : 5 contre 3.2 la saison dernière. Et pourtant, les occasions de régaler les shooteurs d’Atlanta se comptaient par dizaines. Egalement, Al Horford a montré toute sa classe à la ville de Boston à deux reprises cette saison dans le money-time. A Detroit d’abord en décembre, il dépose une claquette victorieuse à 1 seconde du buzzer. Puis début janvier, ce sont les Sixers qui en prennent pour leur grade : un game-winning three permet aux Celtics de prendre l’avantage, puis un block de l’intéressé afin de sceller le sort du match.

Individuellement, Al Horford est de toute façon une excellente pioche pour Brad Stevens. Il est bon rebondeur, efficace dans la lecture de jeu adverse et même neuvième meilleur contreur de la NBA cette saison. Il s’est quand même permis le luxe de capter 22 rebonds dans un seul match en 2013 et blocké 7 tirs adverses en 2011. Mais Horford est encore plus séduisant par sa polyvalence offensive. Sa palette est composée non-seulement d’un feeling collectif – comprenez ici un QI basket élevée–, mais également d’un bon jeu au poste et d’une adresse excellente à mi-distance. Une menace supplémentaire dans le système ultra-collectif plébiscité par Brad Stevens. Son adresse à mi-distance s’est même étoffée ces deux dernières saisons. Il a en effet développé son shoot à 3 points avec une réussite de 33%. Il prend même plus de 4 tirs à 3 points par match cette saison ! Et pour coordonner son talent évident, il dispose d’un tempérament discret et simple. Autant vous dire que l’intégration d’un tel joueur talentueux et partageur doit se faire dans la plus grande sérénité.

Dunk rageur du pivot domicinain
Dunk rageur du pivot dominicain

Qui après Horford ?

Pour autant, constitue-t-il l’élément que cherchait Boston pour aller titiller les meilleurs ? Pour le moment, même si les Celtics sont troisièmes de la conférence Est, nul ne peut affirmer que la greffe soit complètement acquise. Les rumeurs de trades sont toujours présentes. Même si rien ne laisse présager un changement majeur en plein milieu de la saison, Brad Stevens n’a pas encore trouvé la recette parfaite pour tirer le meilleur de ses troupes. Il reste trois mois à la franchise du Massachusetts pour créer l’alchimie collective nécessaire pour détrôner le roi LeBron.

 

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