Nouveau challenge pour les Cavaliers

Les errements défensifs de Cleveland inquiètent, la lutte pour les playoffs redouble d’intensité, les performances individuelles folles se succèdent. Il était temps de faire le point dans ce Weekly Recap numéro 22.

70 at 20

Devin Booker a sans doute vécu l’apothéose de sa jeune carrière. En scorant 70 points à la défense des Celtics vendredi soir, le très jeune arrière des Suns établit là la meilleure marque de la saison, mais aussi la meilleure marque de l’histoire pour un gamin de 20 ans. La dernière fois qu’autant de points étaient inscrits par un joueur sur un match, le boxscore affichait Kobe Bryant. C’était en 2006. Si l’on revient plus en détails sur la performance, que retenir de cette leçon d’adresse de Devin Booker, à 21/40 aux tirs et 24/26 aux LF ?

20 ans…

D’un point de vue strictement personnel, scorer 70 points relève de l’extraordinaire, 20 ans ou pas. Les points doivent être marqués, peu importe la manière. L’intensité d’un match NBA est variable selon l’enjeu et le score du match, mais nul doute que la défense de Jae Crowder et Marcus Smart n’a pas rendu la vie facile à Devin Booker. Connu pour ses capacités folles de pilonnage derrière la ligne à 3 points, le jeune arrière des Suns a été cherché bon nombre de ses points en pénétrations dans la raquette, et sur la ligne des lancers-francs. Pour certains, cette capacité à scorer, scorer et encore scorer rappelle bien évidemment Kobe Bryant, dont la marque est imprégnée sur les chaussures de l’homme aux 70 at 20 : « Be Legendary ». Il ne pensait pas si bien dire. Vous voilà donc replongés dans l’atmosphère spéciale de cette nouvelle performance historique au scoring de cette saison décidément remplie en rebondissements statistiques.

70 pions à 20 ans pour Devin Booker.

Gamineries

La performance est extraordinaire, cela ne fait aucun doute. Seulement, là encore certains refusent de reconnaître cette prouesse à sa juste valeur. Certes, le contexte laisse songeur lorsque l’on sait que les Suns n’ont jamais été dans le match. Cette impression d’omniprésence de Booker dans l’attaque des Suns est nettement impactée par l’activité de ses coéquipiers centralisée sur lui.

Mais parlons brièvement des véritables choses qui fâchent. Brandir le #70 comme Chamberlain a brandi le #100, et s’enjailler sur le banc dans la défaite, telles ont finalement été les maladresses des Suns. Espérons que les réactions seront plus adaptées lorsque Devin Booker dépassera à nouveau les #60, #70, #80 dans les saisons à venir.

Dingueries

Booker à 21/40 ? Not a problem pour Russell Westbrook, qui vient de signer cette nuit-même le triple-double avec le plus de scoring de l’histoire : 57 points, 13 rebonds et 11 assists, avec justement un 21/40 aux tirs. Il shoote bien moins de lancers-francs que Devin Booker sur le match, mais l’à-côté de cette performance est complètement différent. Un déficit de 21 points comblé, une prolongation arrachée sur un tir à trois points contesté par deux défenseurs, une victoire, et donc ce triple-double hors-normes. Russell Westbrook porte le Thunder à bout de bras depuis le début de la saison, comme un vrai leader. Comme un vrai franchise-player. Comme un MVP.

Cleveland, The Bland

Des bas-fonds de l’Ouest, passons au top à l’Est. Enfin, ce qui était le top. Les Cavs de Cleveland ne répondent plus depuis plusieurs semaines, si bien les Celtics de Boston ont momentanément pris les commandes de la conférence. Embêtés par les Lakers (+5), surpris par les Nuggets (-13), chahutés par les Hornets (+7), puis écrabouillés par les Wizards (-12), les hommes de Tyronn Lue n’ont pu que constater les dégâts (-29 !) face à des Spurs plutôt fringants à l’approche de la post-season. Le manque d’implication défensive des troupes inquiète en cette fin de parcours de saison régulière. Kyrie Irving en chef de file, c’est néanmoins tous les soldats des épopées passées qui sont aux abonnés absents. Où sont passés les loyaux services de JR Smith ? Disparues, les cannes de feu de Iman Shumpert sur la ligne arrière ? La triade infernale Kevin Love – Channing Frye – Kyle Korver n’est pas là pour amener sa rigueur défensive, mais néanmoins le combat doit faire partie intégrante d’une équipe prétendante à sa propre succession.

Les Cavaliers ont pris une claque face aux Spurs de David Lee et Pau Gasol.

Le coeur du champion, disent-ils. Et bien, il faut espérer que LeBron ne cumule pas un nouveau plus-minus à -30 comme lors de la défaite face à Denver (son record en saison est de -32 face aux Warriors). Et Kyrie devra monter l’intensité défensive, pour éviter de se prendre 40 pions sur la truffe comme dans son face-à-face avec D’Angelo Russell, ou encore 37 par la fusée John Wall. Sans parler de cette opposition face aux Spurs. Mmmh, really bad. Un challenge inhabituel attend LeBron et ses gars. Les playoffs approchent, il est temps de défendre, Messieurs.

Warriors 1st, Spurs 2nd

Alors oui, les Spurs ont mis la gomme depuis quelques semaines. Forte de 18 victoires sur les 22 derniers matchs, la franchise de San Antonio lorgne sur la première place de la conférence Ouest détenue par les Warriors. Lorgne ? Lorgnait disons. Leur défaite de la nuit face à ces mêmes Warriors achève leurs rêves de première place de la conférence. Et quel scénario ! Après avoir mené de 22 longueurs dans le premier quart-temps, San Antonio a vu la fureur de Golden State s’abattre sur son Fort Alamo. L’adresse de folie initiale de Danny Green n’a pas suffi face à la justesse de David West, la fraicheur nouvelle de Andre Iguodala, et les habitués Klay Thompson et Stephen Curry. Les Warriors sont en plein coeur d’un difficile enchaînement de plusieurs confrontations intenses : Houston, Spurs, Houston, Washington. Avec deux victoires on the road pour leur deux premiers matchs, les Dubs avancent confiants. Côté Spurs, le Thunder, le Jazz et les Grizzles sont au programme. Pas de quoi rigoler avant la post-season.

Standings of the Week

Pendant qu’à l’Ouest, Clippers et Grizzlies grimacent, que Spurs et Warriors rient, et que Lakers et Celtics prient (lottery), la lutte fait rage pour la qualification en playoffs à l’Est. Atlanta, Indiana, Milwaukee, Miami, Chicago et Detroit sont engagés dans une course infernale. Course infernale que Detroit n’a pas semblé en mesure d’affronter, au vu des 5 défaites consécutives de la franchise, dont la dernière assez cruelle, il faut bien l’avouer. Ceci dit, le game-winner de Brook Lopez et la claquette victorieuse de Hassan Whiteside ne doivent pas faire oublier le manque d’engagement des Pistons à l’approche des playoffs.

Miami écarte Detroit de la course aux playoffs à l’ultime seconde !

Cinq pour quatre places

Résulte donc de ce désistement anticipé de la lutte une bagarre entre 5 franchises pour 4 places qualificatives pour la post-season. Si Atlanta et Indiana paraissent relativement épargnés par des sueurs plus que froides pendant les matchs à venir, Milwaukee, Miami et Chicago se livreront un rude combat pour l’honneur. L’honneur d’aller challenger Boston, Cleveland ou Washington lors du premier tour des playoffs. Le Heat de Miami fait presque tâche dans cette lutte tant la différence de niveau dans le roster est frappante. Seulement, la cinquième meilleure équipe de la ligue en 2017 redouble de cohésion et de complicité. L’excellent Erik Spoelstra prouve une fois de plus ses talents de magicien, et les Bulls de son homologue Fred Hoiberg risquent de ne pas tenir ce combat de coaching à distance. D’autant plus les Bucks de Milwaukee partent avec un peu d’avance et que les tentacules de Giannis agissent des deux côtés du terrain.

Rudy so French

Un dernier coup d’oeil à notre frenchie Rudy Gobert. Le caractère indispensable qui revêt dans le collectif ultra-défensif du Jazz n’est plus à prouver. Ceci dit, la pauvreté offensive récente de Utah a permis au pivot longiligne Français d’atteindre un niveau nouveau. Il enchaîne les performances de haute volée, avec 16, 20 et 26 unités lors de ses trois derniers matchs. Mais ce sont même son match à 35 points et 15 rebonds face à New-York et ses 8 blocks face à Indiana qui ont fait les gros titres des médias américains cette semaine. Rudy n’a pas fini de grandir, et les playoffs arrivent à point nommé pour nourrir sa soif de combat.

Quelle semaine pour Rudy Gobert !

 

 

 

 

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