Boris Diaw, sérénité affichée

Boris Diaw a été le cœur d’une conférence avec les médias français la semaine dernière en marge du Sunday Game opposant le Jazz aux Spurs. L’occasion de revenir sur sa nouvelle vie dans l’Utah, son nouveau challenge au Jazz, et sa vision de la NBA actuelle.

Pau Gasol et Boris Diaw, destins liés

Septembre 2015. Pau Gasol anéantit les espoirs de toute la nation française en plantant 40 points au nez et à la barbe des hommes de Vincent Collet en demi-finale de l’EuroBasket. Une sortie de route qui clôt l’épopée de Tony Parker avec les Bleus. En revanche, Boris Diaw poursuit son voyage avec la Team France. Quelques mois plus tard, à l’été 2016, le destin de Boris Diaw en NBA ne va cette fois pas échapper à celui de l’Espagnol. Afin de libérer de la masse salariale pour préparer l’arrivée de Pau Gasol, le staff des Spurs n’a d’autres choix que de se séparer de Boris, qui prend la direction de l’Utah, où il retrouve son pote de sélection Rudy Gobert. Plutôt discret dans les boxscores (4.7 points, 2.1 rebonds, 2.2 assists), Boris Diaw a l’esprit plutôt tranquille depuis son arrivée.

«  Je me suis très bien adapté à la ville, à l’équipe. J’ai tout de suite été bien accueilli. Donc cela se passe très bien depuis le début de la saison, je me sens très bien ici. J’adore la ville, l’Etat, ses alentours, les montagnes, la neige, notamment mes deux Huskies dans la neige de Utah. Donc oui je me sens très bien depuis le début de la saison. »

Cette tranquillité affichée n’enlève en rien la compétitivité propre au sportif professionnel, et Boris Diaw se réjouit à l’idée de relever le challenge du Jazz cette saison, actuellement quatrième à l’Ouest derrière les imprenables Warriors, Spurs et Rockets.

« La saison est bien jusqu’à présent puisque les objectifs de l’équipe étaient d’accéder aux playoffs, ce qui est chose faite. Le deuxième objectif était de se classer le mieux possible dans ces playoffs, donc essayer d’avoir l’avantage du terrain. Aujourd’hui, la quatrième place est bien pour nous et il faut essayer de la garder. Donc on y accorde beaucoup d’importance. On sait que ça va être difficile de la garder parce que notre calendrier est assez difficile, mais on va essayer de faire au mieux. Ensuite, le troisième objectif sera de réaliser les meilleurs playoffs possibles, donc on va essayer d’aller le plus loin possible. »

Rudy Gobert, phénomène montant

Nécessairement, les bons résultats du Jazz sont à notamment à associer avec la progression fulgurante du jeune pivot français, Rudy Gobert. Rapidement, le débat s’oriente vers le phénomène Gobzilla. Son association avec Boris Diaw en fait rêver plus d’un, tant la vision du jeu de Boris permet à Rudy de briller offensivement. Le capitaine de l’équipe de France fait le point sur son potentiel de progression.

Il a encore passé une étape cette année. Il a encore progressé. Le plus éclatant dans sa progression, c’est au niveau de l’attaque. Il apporte plus que ce qu’il apportait avant. Sa marge de progression se trouve encore à ce niveau-là. Défensivement, il a toujours été solide. Il a une marge de progression sur la concentration. Après, c’est vraiment en attaque sur des qualités individuelles où il peut encore progresser, notamment dans deux secteurs principaux : son shoot extérieur et le jeu de post-up à l’intérieur. Si ces deux éléments sont améliorés, il passera d’autres étapes encore.

Jusqu’à mériter dès cette saison le trophée de défenseur de l’année ?

Oui, je pense qu’il est en liste pour ça, vu le nombre de contres qu’il met par match. C’est quelque chose qu’il devrait mériter.

Utah Jazz aka San Antonio Spurs ?

Imposant pilier de la défense du Jazz, Rudy Gobert est couvé par Quin Snyder depuis son arrivée dans la grande ligue. Le jeune tacticien du Jazz a construit son équipe autour de cette identité défensive, à tel point que Utah est à ce jour la troisième meilleure défense de la ligue dans les chiffres, derrière Golden State et San Antonio. Cette progression régulière au fil des saisons fait du Jazz une franchise rigoureuse, dangereuse, et prometteuse. Utah trustait les bas-fonds de la conférence Ouest il y a 3 ans. Depuis la mise en scelle de Snyder, coach alors rookie, la franchise perd de moins en moins : 44 défaites en 2015, 42 en 2016 et seulement 30 cette saison alors que 5 matchs restent seulement à jouer. Pour Boris Diaw, le parallèle est aisé : l’organisation de Utah tend à imiter celle de San Antonio.

« On voit bien qu’il y avait une grosse volonté en début de saison de faire accéder cette équipe aux playoffs. J’ai pris beaucoup de plaisir cette saison avec cette équipe.

San Antonio, c’était aussi une équipe avec de l’expérience, un coach charismatique, et une constance d’une saison à l’autre qui était impressionnante. Utah essaie de construire sur le même modèle. »

Boris Diaw, la polyvalence même. Rappelez-vous qu’en véritable playmaker, Bobo avait mené San Antonio vers le cinquième titre NBA de son histoire lors de 2014 NBA Finals pour longtemps dans les annales. Les Spurs avaient alors étouffé le Heat de l’ami LeBron James en développant ce fameux Spurs-basketball cher à Gregg Popovich. Boris Diaw peut donc être fier d’avoir été le gestionnaire du Spurs-basketball à son apogée. Nécessairement, il ne tarit pas d’éloges sur son ancienne franchise.

« Ils font comme d’habitude, avec une précision infaillible année après année. Chaque fois, ils arrivent en haut de tableau. Chaque fois, ils font de bonnes saisons régulières. Pour l’instant, ils sont comme d’habitude. Encore une belle saison réussie. Ils vont encore jouer le titre ! »

Jusqu’à concurrencer Cleveland et Golden State ?

« Oui je pense, on l’a vu sur différents matchs. Ils ont perdu le dernier, mais ils avaient battu Golden State sur le match d’avant. »

Connaisseur en matière de boxscores à rallonge (6 triple-doubles en carrière), l’intéressé s’est vu questionner sur la course au MVP. Alors, Boris, plutôt Russell Westbrook et sa saison en triple-double de moyenne, ou James Harden et la progression de ses Rockets ?

« Par rapport à la course pour le MVP, c’est clair qu’ils sont en train de faire des records en termes de statistiques que l’on n’avait jamais vu avant. Westbrook est en train d’affoler tous les compteurs. Qui de Westbrook ou de Harden ? Je pense que c’est un peu compliqué, car les deux font une saison assez similaire. J’ai presque l’impression que ce que fait Westbrook est plus impressionnant encore que ce que fait Harden. »

Avec les Bleus cet été

Fort de ces 1059 matchs NBA en carrière, l’ancien coéquipier de Steve Nash et Amare Stoudemire aux Suns garde un souvenir 

« Quand je regarde dans le rétroviseur, je vois tout ce que j’ai pu faire ces dernières années. Je retiens beaucoup de bonheur, beaucoup de plaisir, tous ces matchs NBA que j’ai pu faire. J’espère qu’il reste encore quelques matchs et quelques saisons à venir. »

Et le FIBA EuroBasket 2017 dans tout ça ?

« A priori, je serai là oui. S’il n’y a rien d’autre sur mon calendrier, oui… (rires). Non non, je serai là, bien sûr ! »

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