John Wall attend Kyrie Irving

Les playoffs sont de retour, et c’est sans aucune retenue que nous fêtons notre 25ème épisode NBA Weekly Recap. Du deuil d’Isaiah, à la folie de John Wall, en passant par l’horreur de Rudy. Confessions.

Isaiah Thomas, Respect

Boston 2-0 Chicago

G1 : CHI 106-102 BOS

G2 : CHI 111-97 BOS

Isaiah Thomas a fait vivre un cauchemar à tous ses adversaires depuis le début de la saison NBA. Cependant, la détresse du lutin des C’s était indescriptible avant le match des Celtics face aux Bulls (G1). A l’origine, le décès de sa sœur dans un accident de voiture quelques jours plus tôt. Puis cet hommage ô combien émouvant de la part de la franchise bostonienne. Son pote Avery Bradley à ses côtés. Et des larmes, des larmes, encore des larmes pour Isaiah. Professionnel au possible, le leader de Boston a une nouvelle fois régalé de son talent le TD Garden, scorant 33 points à 10/18 avec un visage dur à chaque panier. La défaite de Boston est presque anecdotique tellement la performance d’Isaiah Thomas dans un tel contexte impressionne. Il n’empêche que les Bulls ont pris le Game 2 également et que la défaite n’est plus anecdotique. Une bien pâle entrée en matière pour la bande à Brad Stevens.

Isaiah Thomas assure même en plein deuil. Crédit : NBAE / Getty Images

Au-delà de l’usure mentale et physique de Isaiah Thomas, l’environnement ne répond pas présent à Boston. Avery Bradley absent dans l’impact, Jae Crowder incapable de contenir Jimmy Butler, Al Horford dominé dans la peinture, et c’est tout le TD Garden forcé d’envoyer de la haine à son ancien chouchou Rajon Rondo. Ce dernier se comporte comme un leader confirmé depuis le début des playoffs. Assez rare pour être confirmé, c’est dans la stabilité que Rondo impressionne. Patron de l’organisation des Bulls, il seconde parfaitement Jimmy Butler. Le retour anticipé de Dwyane Wade au travail n’est pas non plus anodin. Auteur de gros shoots notamment dans le Game 2, l’ancien du Heat soutient les Bulls qui déroulent offensivement face à la faible résistance des Celtics. L’expérience playoffs tourne au vinaigre pour Brad Stevens dont le bilan s’élève à 2-10 depuis le début de sa carrière. Les Celtics sont au pied du mur. Ils doivent tout faire pour sortir prématurément et ainsi éviter de devenir la sixième franchise vainqueur d’une conférence éliminée dès le premier tour depuis 1984.

Rajon Rondo, au bon souvenir du TD Garden. Crédit : NBAE / Getty Images

Rudy vous manque et…

LA Clippers 1-1 Utah

G1 : UTA 97-95 LAC

G2 : UTA 91-99 LAC

Décidément, les playoffs commençaient de bien triste manière. Sur la première action du match opposant Jazz et Clippers, Rudy Gobert s’écroule sur le parquet. Sur un écran non-porteur à l’opposée du ballon, un mauvais choc provoque une hyperextension de son genou. La grimace affichée par Rudy en dit long sur l’inquiétude de la franchise à l’égard du patron de sa défense quant à son retour sur les parquets pour la suite des playoffs. Le Français, principal prétendant au trophée de défenseur de l’année, s’éclipse donc au pire des moments, laissant la raquette libre à Deandre Jordan et autres Blake Griffin. De quoi permettre aux Clippers d’en finir avec leur réputation de losers en post-season ? Pensez-vous ! Chris Paul a assuré sur la dernière possession des Clipp’s grâce à un lay-up main droite osé, mais Joe Johnson traînait par là. L’ancien des Hawks crucifie Doc Rivers et ses gars d’un game-winner transformé en buzzer-beater grâce aux multiples rebonds sur le cercle et brise tout espoir de revanche de Chris Paul et compagnie. Nouvelle alerte pour les Clippers, qui perdent donc le G1 à la maison.

Mais la série est revenue à égalité puisque LA a corrigé le tir lors du G2. Alors que Rudy Gobert manque toujours à l’appel, les Clippers parviennent cette fois à éteindre Joe Johnson…

Giannis superstar

Toronto 1-1 Milwaukee

G1 : MIL 97-83 TOR

G2 : MIL 100-106 TOR

Parlant de losers, qu’en est-il des Raptors de Toronto ? Écrasés par les tentacules de Giannis, ils ont été incapables de répondre avec plus de mordants que les 4 points de Kyle Lowry lors du G1. DeMar DeRozan crée l’illusion avec ses 27 points, mais la franchise canadienne est clairement déséquilibrée. Depuis trop longtemps snobé des priorités offensives des Raptors, Jonas Valanciunas voir sa carrière freinée par un bombardement massif depuis les lignes arrières. Non pas que les Raptors arrosent de loin avec trop d’inefficience, mais la création offensive s’en retrouve hyper-stéréotypée et donc prévisible, surtout quand les deux meilleurs marqueurs ont la fâcheuse tendance de dissocier leur efficacité en saison régulière de celle en playoffs. A 2/11 aux tirs, Kyle Lowry ne pèse que trop peu dans l’animation offensive des siens, et c’est Milwaukee qui en profite lors du G1. Giannis, quant à lui, impressionne de maturité pour sa deuxième campagne de playoffs avec 28 points plantés.

Kyle Lowry a-t-il enfin lancé ses playoffs ? Crédit : NBAE / Getty Images

La deuxième manche voit les Raptors disposer des Bucks avec un retour à l’ordinaire efficacité pour Kyle Lowry (22 unités) alors que DeRozan plante 23. Ordinaire serait même un peu faiblard pour décrire la performance de Kyle Lowry, auteur d’un shoot ultra-clutch sur la tête de Malcolm Brogdon à quelques secondes du buzzer. A noter la greffe plutôt efficace de Serge Ibaka dans le moule canadien depuis son arrivée à mi-saison. L’ancien du Thunder s’en sort même mieux que Valanciunas du haut de ses 17.5 points sur l’ensemble des deux matchs.

La routine Spurs

San Antonio 2-0 Memphis

G1 : MEM 82-111 SAS

G2 : MEM 82-96 SAS

Alors que les Spurs semblent filer vers une qualification plutôt rapide aux dépens des Grizzlies, Kawhi Leonard se manifeste encore. Habitué aux louanges depuis le début de la saison, Kawhi vient de donner deux leçons de basket à l’ensemble de la planète NBA. Il cumule un excellent 20/28 aux tirs sur l’ensemble des deux matchs disputés face à Memphis. Le collectif des Spurs se fait quelques frayeurs par des trous d’air imprévus mais assure l’essentiel derrière le regain de forme de Tony Parker.

#Wallstar

Washington 2-0 Atlanta

G1 : ATL 107-114 WAS

G2 : ATL 101-109 WAS

De sales habitudes ont été prises par John Wall à Washington. Le meneur All-Star des Wizards flirte avec l’excellence depuis le début des playoffs. Son insolence sévit autant que son feeling ne cesse de nourrir le scoring. L’instantanéité de ses passes surprend mais surtout régale ses gars. Sans compter que sa capacité à se projeter rapidement vers l’avant crée des opportunités royales aux Wizards, et que son jus lui permet des actions d’éclat en defense comme son contre sur Dennis Schröder lors du G1. Brad Beal se met doucement dans le rythme des playoffs alors que Gortat profite des offrandes de son meneur. Dennis Schröder en fait déjà des cauchemars alors que la série n’a vu que deux victoires pour Washington en autant de matchs. Beaucoup de courage aux gars de Georgie pour les (deux) prochains matchs.

John Wall-Star. Crédit : NBAE / Getty Images

Solitude

Houston 2-0 Oklahoma City

G1 : OKC 87-118 HOU

G2 : OKC 111-115 HOU

L’une des séries les plus attendues était sûrement celle opposant Rockets et Thunder, Harden et Westbrook, MVP potentiel et MVP potentiel. Actuellement à 2-0 avant de se déplacer dans l’Oklahoma, les hommes de James Harden ont assuré l’essentiel sur leurs terres. Une bonne fessée en préambule (118-87), un leader omnipresent, des grands dans l’efficacité. Le second match a vu RussWest faire sauter la marmite avec 51 points, 10 rebonds, 13 assists, mais 43 tirs tentés. Mais les multiples ressources offensives des Rockets ont contenu l’extraterrestre, Eric Gordon et Lou Williams en tête. La série prend donc une allure de quête de l’impossible pour le Thunder. Porté de toutes parts par Russel Westbrook, le pauvre système collectif du Thunder manque de menace offensive. Adams ne touche pas un ballon, Oladipo vendange un match sur deux, le shoot à 3 points n’existe pas. L’axe central est sur-exploité, facilitant ainsi la lecture défensive adverse. Bref, les plans du Thunder sont prévisibles et l’hypertalentueux Russel Westbrook ne peut pas éviter les défaites. Davantage d’intensité et de combat sont attendus pour faire face aux Rockets tellement inscrits dans leur projet de run and gun.

James Harden domine Russell Westbrook dans la course au second tour. Crédit : NBAE / Getty Images

No KD, no problem

Golden State 2-0 Portland

G1 : POR 109-121 GSW

G2 : POR 81-110 GSW

L’armada des Warriors, quant à elle, navigue sur un long fleuve tranquille. Après une résistance plutôt exceptionnelle du back-court de Portland lors du G1, Draymond Green a fait parler sa polyvalence, trash-talking inclus, pour venir à bout de la paire Lillard-Mc Collum : 19 points, 12 rebonds, 9 passes décisives, 3 interceptions, 5 contres ! Le G2 a vu toute tentative d’assaut de Portland contenue par les hommes de Steve Kerr. Petite alerte à surveiller néanmoins puisque Kevin Durant n’a pas pris part au match.

Ceci dit, les Warriors, promis au Graal cette saison, débutent paisiblement leur périple vers le titre NBA. Le talent de leur roster semble avoir les réponses à toutes les stratégies adverses. La fluidité de leur jeu collectif avec et sans ballon, la confiance affichée par leurs leaders offensifs et défensifs, la chaleur de l’Oracle Arena… Les Warriors vont-ils vraiment être inquiétés jusqu’en finale de conférence ? Jusqu’en finale NBA ? Les Warriors vont-ils vraiment être inquiétés ? On vous le demande.

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