Paul Pierce s’en va, Isaiah Thomas s’envole

Voici venu le temps de rendre hommage à la plus grande légende des Celtics des deux dernières décennies. Fort de ses 19 saisons dans la grande ligue, Paul Pierce tire sa révérence après une fin de carrière en contraste total avec l’ensemble de son œuvre. Loin de débloquer les compteurs de vitesse sur un terrain, il peut néanmoins se targuer d’être 10 fois All-Star grâce à son intelligence de jeu. Titré en 2008 au terme d’une épopée fantastique avec le Big Three des Celtics, The Truth n’a jamais cessé d’envoyer la sauce pendant le money-time, répondant sans cesse avec classe au trash-talking ambiant des années 2000’s. Ses innombrables batailles contre les Lakers de Kobe et les Cavaliers de LeBron témoignent d’une compétitivité à toute épreuve. Et même si ses dernières saisons aux Wizards et aux Clippers ressemblent davantage à une transmission de leadership en interne qu’à un récital de talent sur les terrains, le Hall Of Fame poursuit Paul Pierce comme une évidence.

Nul doute que son cœur demeure d’une verdure immortelle tant il incarne un modèle de persévérance, de caractère, et de talent parmi tout ceux ayant foulé le parquet du TD Garden. Loin de collectionner les trophées individuels comme Kobe et LeBron, The Truth s’est forgé une réputation de guerrier à force de persévérance. D’abord isolé dans l’enfer de l’ère post-Antoine Walker et Gary Payton, il s’est vu rejoindre par Kevin Garnett et Ray Allen pour former un Big Three d’enfer mené d’une main de maître par Rajon Rondo jusqu’à l’apothéose en 2008. Et si la défaite face à Utah salit presque la carrière de Paul Pierce, son bandeau couleur espérance reluira tout autant que son jersey retiré tout en haut du TD Garden.

Utah tranquille, LA vacille

Car oui, le Jazz d’Utah a mis les Clippers de LA à terre ! Pour le premier Game 7 de ces playoffs édition 2017, Rudy Gobert et ses gars font tomber Chris Paul et sa troupe d’éternels losers. Non pas que la malchance ne se soit pas mêlée à ce triste scénario, mais l’état des lieux des résultats fait froid dans le dos. Pourtant vainqueurs de plus 50 matchs lors des cinq dernières saisons régulières, les Clippers n’ont jamais atteint les finales de conférence. Désormais, toute la sphère NBA s’attend à ce que le malheureux Big Three Paul-Griffin-Jordan éclate en autant de morceaux que le corps de Blake pendant l’intersaison. À moins que la franchise ne décide enfin d’épauler Chris Paul, en attirant un poste 3 de haut niveau capable de les accompagner plus haut qu’une simplement demi-finale de conférence. L’été risque donc d’être charnière, charge alors à Doc Rivers de prendre de bien meilleures décisions que depuis trop longtemps.

Doc Rivers se prépare à un été ô combien crucial. Crédit : NBAE/Getty Images

Isaiah Thomas ou John Wall ?

Alors que les Wizards sont venus à bout de Hawks fatigués mais courageux, le prochain obstacle avant LeBron et ses hommes se nomme Boston. C’est dans la folie du TD Garden que les Celtics ont pris le dessus sur Washington pendant le Game 1, au terme d’une seconde mi-temps rondement menée. Pourtant trop forts pour Boston dès le début du match, les Wizards ont perdu de leur efficacité au fur et à mesure de la rencontre. La défense collective des C’s aura eu raison du talent explosif du cinq majeur de Washington. Et bien sûr, Isaiah Thomas a excellé avec ses 33 points. Mais ce n’est rien comparé à sa performance magistrale dans le G2. 53 points au nez et à la barbe de John Wall, la deuxième meilleure marque de l’histoire pour un Celtic en playoffs. Jae Crower était sorti de sa boite pendant le Game 1, d’une efficacité affolante à 6/8 à 3 points. Cette fois, c’est Terry Rozier qui fait la différence. Son plus/minus n’est pas seulement positif en sortie de banc, il atteint les +25 en 25min de jeu. Et c’est lui qui bonifie une passe de Isaiah Thomas dans le corner à 3 points en fin de 4ème quart-temps, ce qui permet aux Celtics de revenir à égalité. Après une prolongation, Boston rentre au vestiaire avec la satisfaction du devoir accompli : 2-0 avant le déplacement à Washington.

Terry Rozier, facteur X sur le Game 2. Crédit : NBAE/Getty Images

LeBron et ses proies préférées

Dans l’autre série de l’Est, LeBron entend bien maintenir sa suprématie. Dompter les Raptors deviendrait presque une habitude, comme l’illustre la domination des Cavs sur le début de série. Certes, l’opposition parait faiblarde avec une franchise de Toronto dont les franchise-players sont branchés sur courant alternatif. Bien difficile alors de contre-carrer les plans de tonton LeBron. Ce même LeBron plombe même rapidement les plans de Casey à la tête des Raptors. Devenu cette nuit le deuxième meilleur marqueur de l’histoire de la post-season désormais devant le grand Kareem, il enfile 39 points à 10/14 aux tirs avec une facilité assez déconcertante. Détendu et confiant au possible, il semble insuffler un élan positif aux Cavs en quête de cohésion et d’efficacité collective. À Toronto, les fans fous furieux des Raptors vont devoir soutenir leurs gars pour ne pas éviter un clap de fin trop rapide.

Golden State à l’échauffement

À l’Ouest, les tellement probables futurs champions s’en donnent à cœur joie. Dominant facilement le Jazz de 20 points lors du game 1 à la maison, les Warriors ont à nouveau fait preuve d’une efficacité collective impressionnante. La réintégration de KD s’effectue dans le plus grand des calmes. Et pendant que Steph Curry fait danser Rudy Gobert, Javale McGee s’envole vers d’autres cieux, alors que Draymond Green se prend pour un Splash Bro’ : 13/24 derrière l’arc depuis le début des playoffs.

Les Warriors enchaînent tout en douceur. Crédit : NBAE/Getty Images

Tout pour durer dans le Texas

Mais la plus passionnante des séries ne serait-elle pas celle opposant les Spurs aux Rockets ? Ce duel du Texas a démarré par une démonstration monumentale de la part des coéquipiers de James Harden. Avec ses 14 assists, le maestro des Rockets a géré d’une main de maître la première opposition face à Kawhi Leonard et les siens. Menés de 30 points à la mi-temps, les Spurs ont clairement manqué de dureté et de mobilité sous la pluie des Rockets à 22/50 derrière l’arc. Incapables de défendre correctement sur les pick&rolls pourtant répétitifs de Mike D’Antoni, Tony Parker et les siens ont subi la loi des shooteurs adverses. Les intérieurs peu mobiles des Spurs (comprenez Lamarcus Aldridge, Pau Gasol, David Lee) ont en effet terriblement souffert lors des décalages créés au large. James Harden n’a cessé de mettre en confiance ses partenaires, trouvant des angles de passes plus fous les uns que les autres avec sa patte gauche. Capela a fait des misères à Aldridge. Nene a fait des misères à Gasol. Harden a fait des misères à toute la ligne arrière. D’Antoni aurait-il fait des misères à Popovich ?

Lamarcus Aldridge peine à trouver ses marques pendant cette campagne de playoffs. Crédit : NBAE/Getty Images

Que nenni. Le game 2 prend une autre tournure, malgré un écart tardivement définitif en faveur des Spurs. Bien meilleurs dans l’engagement, les Spurs se reposent sur un Kawhi Leonard des grands soirs, comme très souvent, peut-être trop souvent. Le phénomène si silencieux des Spurs regorge de ressources qui approchent celles des Jordan, Kobe, LeBron… 34 points, 7 rebonds, 8 assists : sa ligne de stats parle pour elle même. Omniprésent dans la création et la finition (13/16 aux tirs), Kawhi a également éteint bon nombre d’ambitions offensives côté Rockets. Bien sûr, difficile d’éviter les bombes envoyées par Ryan Anderson à 10m en début de match. Mais le 3/17 de James Harden et le 3/18 cumulé derrière la ligne par Beverley, Harden et Ariza ne semble pas étranger à la performance incroyablement géniale sur le plan défensif du MVP des Spurs.

N’allez cependant pas imaginer que San Antonio soit tiré d’affaire. Les Spurs ont perdu l’avantage du terrain suite à leur défaite au game 1, et redoutent maintenant le pire. TP a fait la grimace en s’effondrant cette nuit sur le parquet, se tenant le genou. Keep calm, but stay focus.

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