Steven Adams : le All-Black de la NBA

Chez Papers Above The Rim, on aime bien voyager. Après avoir fait un tour en Suisse en compagnie de Clint Capela, on vous propose cette fois-ci un voyage en Nouvelle-Zélande. Le monsieur qui a réussi à faire connaître la terre de rugby autrement que pour l’ovalie dans le milieu du sport, c’est Steven Adams. Le grand moustachu du Thunder, à la manière de son homologue helvète de Houston, est discret et pourtant diablement efficace pour son équipe. Portrait du numéro 12 de l’Oklahoma.

Une enfance tumultueuse

Steven Adams n’est que l’un des 18 enfants de Sid Adams, un marin anglais installé en Nouvelle-Zélande. 18 enfants pour 5 femmes, la famille Adams (sans allusion à la série du même nom) est bien garnie. Steven naît le 20 juillet 1993. Peu motivé par l’école, c’est un gamin peu discipliné, lui le fils de militaire. Ce militaire qu’il n’aura pas beaucoup connu d’ailleurs, mort en 2006. Âgé de 13 ans, Adams est un ado perdu, qui sera sauvé des dangers de la rue par son frère Warren. Ce dernier l’emmènera à Wellington où Steven sera inscrit dans une académie locale de basket. Le déclic arrive alors.

Tous comme ses frères et sœurs (ou demi-frères et demi-sœurs), il est grand déjà pour son âge, plus grand que la moyenne. Son talent est alors repéré au lycée, comme pour sa sœur Valérie, future grande championne de lancer de poids (deux titres olympiques et quatre titres mondiaux). Et c’est à la fin du lycée que les choses s’accélèrent pour le natif de Rotorua. Il part un semestre faire un stage à l’école Notre-Dame de Fitchburg dans le Massachussets à la fin du lycée. Son nom commence à circuler chez les scouts américains. Et c’est à partir de là que la carrière de Steven Adams dans le basket va décoller.

L’avant NBA

Dans sa carrière, Adams n’a pas connu que la NBA. Il a commencé chez les pros dans son pays natal, en signant en 2011 avec les Saints de Wellington. En jouant en tout 14 matchs dans la saison, Adams montre ses qualités en sortie de banc. Un joueur athlétique, une véritable menace au rebond et un intimidateur dans la raquette. En sortant du banc, il compile 6 points, 4 rebonds et 1 contre pour 12 minutes de jeu. Rendement optimal donc pour ce tout jeune joueur âgé seulement de 18 ans. Wellington remporte alors le championnat, et Adams se veut convoité outre-Pacifique. En effet, plusieurs facs se l’arrachent. Il ira finalement à Pittsburgh, chez les Panthers où est passé notamment DeJuan Blair. 7 points, 6 rebonds et 2 contres en 23 minutes par match pour le néo-zélandais, c’est du solide.

Déjà physiquement NBA ready et avec des aptitudes défensives remarquées, Adams se déclare éligible à la draft. Malgré les doutes des spécialistes, le grand kiwi laisse tomber ses trois dernières années de fac pour vivre son rêve, jouer en NBA. A-t-il un assez bon Q.I basket ? Sait-il faire autre chose que défendre et courir ? Les questions fusent. Quand certains le comparent avec Andre Drummond, d’autres n’y voit qu’un feu de paille médiatisé de par sa nationalité originale pour un basketteur.

Peu importe, Adams a fait son choix, il se présentera à cette draft. Et sa confiance en lui lui donnera raison. C’est le Thunder d’Oklahoma qui fait le choix de choisir le produit de Pittsburgh, en douzième position du premier tour. C’est le troisième néo-zélandais de l’histoire à jouer dans la grande ligue, après Sean Marks et Kirk Penney.

Steven Adams - Oklahoma City Thunder
Steven Adams, Oklahoma City Thunder – © NBAE via Getty Images

La montée en puissance

Le Thunder a été opportuniste sur ce coup. Voyant que Kendrick Perkins commence à vieillir, il faut pour le management préparer l’avenir. Cela tombe bien, Adams est une version améliorée du gros Kendrick. Solide, bon poseur d’écran, grand qui dissuade dans la raquette, le profil est là. De plus, Adams est plus mobile, plus rapide et plus créatif que l’ancien des Celtics, de quoi faciliter le jeu pour Scott Brooks.

Il se fait tranquillement sa place dans cette équipe du Thunder, en jouant 15 minutes par rencontre. Son apport statistique n’est pas éclatant, mais son énergie apporte un vrai plus au collectif quand il est sur le parquet. Il obtient d’ailleurs sa place dans la NBA All Rookie Second Team en compagnie d’un certain Giannis Antetokounmpo à la fin de la saison (Michael Carter-Williams et Trey Burke étant à l’époque dans la première, outch ça fait mal quand on y pense). La saison s’achèvera en mai pour le Thunder, éliminé par des Spurs (4-2) qui iront perdre leur unique finale NBA de leur histoire quelques semaines plus tard.

La confirmation

Tout se passe pour le mieux pour le all-black de l’Oklahoma. Il signe une prolongation de contrat de deux ans et gagne sa place de titulaire. Il alignera les grosses performances par ci par là durant l’exercice (6 blocks contre Houston en novembre, 20 rebonds contre Washington en janvier, etc…) mais il se blesse en février et rate 12 matchs. Le problème pour le Thunder, c’est que les blessures s’enchaînent. KD et Russ West auront leurs pépins physiques, et Oklahoma rate d’un rien les playoffs.

A l’orée de la saison 2015-2016, la franchise arrive alors revancharde. Et cette fois-ci, Oklahoma arrive sans encombre en playoffs. Le temps de jeu et les stats du néo-zélandais sont identiques, mais son impact est grandissant. Son duo avec Serge Ibaka est très complémentaire, l’espagnol pouvant jouer plus librement hors de la raquette. Les Mavs et les Spurs passés, il ne reste plus que les Warriors à battre en finale de conf. Oui (3-1 pour Oklahoma après 4 matchs) mais… non (3-4 au final pour Golden State). Le Thunder choke, et la meilleure équipe de saison régulière de l’histoire ira choke à son tour en finale contre Cleveland. La déception est immense dans l’Oklahoma et les événements vont se bousculer.

Le Kiwi devenu mature

L’intersaison dans l’Oklahoma illustrait parfaitement le terme agitation. Outre le départ de Serge Ibaka pour Orlando, c’est l’envol de l’enfant chéri Kevin Durant qui fait halluciner la planète entière. Le numéro 35 décide de rejoindre ses bourreaux des playoffs. La décision a de quoi perturber l’équilibre, mais heureusement, Russell Westbrook reste. Pour l’accompagner, il y a Victor Oladipo, arrivé de Floride en cet été, et le nouveau big men dominant est…Steven Adams (désolé Nick Collison). Le pivot gagne en temps de jeu (+5 minutes par match, ce qui porte son total à 30/match) et il réalise sa meilleure saison en carrière. 11,3 points, 7,7 rebonds, 1 assist, 1 interception et 1 contre, le tout à 57% au tir. Monsieur Propre. Celui qui avait prolongé son contrat en début de saison (100 patates sur 4 ans) a prouvé qu’il méritait son contrat en étant le parfait lieutenant de Russ West.

Russell Westbrook et Steven Adams - Oklahoma City Thunder
Russell Westbrook & Steven Adams, Oklahoma City Thunder – © NBAE via Getty Images

Cette saison, il a été l’un des joueurs les plus réguliers de la franchise. Toujours aussi précieux en défense, il est un parfait point d’ancrage dans la raquette. Ainsi, il peut très bien être servi par Westbrook ou Paul George quand ceux-ci drivent. Mais il peut aussi très bien pouvoir être servi à l’intérieur et ressortir pour un shoot extérieur du trio Russ-PG-Melo (désolé André Robertson, pas toi). Lui qui tourne quasiment en 14-9 sur la saison prouve qu’il est un élément essentiel de ce Thunder de plus en plus menaçant et de mieux en mieux collectivement. Et cela, le All-Black de la NBA n’y est pas étranger.

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