Brandon Ingram : KD Bis

Son enfance et une rencontre déterminante

Encore un autre enfant de la Caroline du Nord, Brandon naquit il y a (seulement) 20 ans à Kinston. Cela semble insignifiant, et pourtant, cela jouera une part déterminante dans l’avenir du jeune garçon. Un autre joueur NBA a grandi à 10 minutes de sa maison : Jerry Stackhouse.

De 23 ans son aîné, Jerry Stackhouse revient souvent dans sa ville d’origine pour s’entraîner et participer à des matchs organisés. De son côté, le jeune Brandon, initié au basket par son père et son grand frère, grandit à 5 minutes d’un gymnase. Aussi, après l’école, il passait beaucoup de temps à regarder les collégiens et lycéens à jouer, en attendant d’être assez grand pour pouvoir s’y mesurer.

Au fil du temps et des matchs joués, le talent d’Ingram ne fait plus aucun doute. Stack lui prodiguera de nombreux conseils et le prendra même sous son aile à partir du collège. En jouant avec des joueurs plus âgés et grâce à son mentor dans des AAU Teams (Amateur Athlectic Union), Brandon apprend vite. A 14-15 ans, l’adolescent se concentre vraiment sur le basket et n’hésite pas à faire sept heures de route jusqu’à Atlanta les week-ends pour jouer dans l’AAU Team de Stackhouse. Jerry lui envoie carrément un ami en guise de chauffeur afin de l’emmener, lui et un de ses coéquipiers du lycée, Darnell Dunn (actuellement égaré à la Pepperdine University by the way). Son père continua malgré tout de veiller à ce qu’il soit entraîné sérieusement, tant physiquement, que mentalement.

Le parcours d’un champion

Durant ses 4 années de lycée, Ingram contribua au succès de son équipe en remportant quatre titres d’État de suite (!). Certes, son rôle sera moindre durant les 2 premières années (remportées en finale face au lycée Cuthbertson), mais, à partir de 2013, Brandon prend une toute autre dimension.

Son ambition était à la mesure des attentes, résultat : 19,5 pts, 9 rbds, 2,5 contres et 1,5 passe de moyenne, des Kinston Vikings invaincus dans leur Conférence, un Ingram MVP de la Région Est et un troisième titre consécutif. L’année suivante, Kinston finit avec le même bilan qu’en 2013-2014.

Ingram fut une nouvelle fois MVP, après avoir claqué 28 pts et 10 rbds en finale de son État. Il est le premier basketteur à remporter quatre fois le championnat North Carolina High School Athletic Association. A la suite de cette dernière saison, il participa au 2015 Mc Donald’s All-American Game où il apporta 15 pts et 5 rbds.

Brandon Ingram tout sourire - Los Angeles Lakers
Brandon Ingram, Los Angeles Lakers – © NBAE via Getty Images

Avant la saison 2015-2016, Ingram mesure 2m03 pour 87 kg et est considéré comme un des meilleurs lycéens du pays (ESPN le classe troisième derrière Ben Simmons et Skal Labissiere). Il annonce en avril vouloir jouer pour Duke et coach K. Le choix de UNC aurait été tout aussi logique, mais l’ex université de Jordan fut entachée d’un scandale de falsifications de résultats scolaires pendant 18 ans afin de permettre à ses sportifs de jouer aux dépends de leurs études. Suite à cela, Mr North Carolina Basketball 2015 choisit donc une fac tout aussi brillante pour y progresser.

Un bref arrêt au stand des Blue Devils

Sous le maillot des Blue Devils, le freshman va contribuer au bon départ de son équipe (9-1), remportant même un ACC Rookie of the Week en décembre où il cumula 21,2 pts et 8,8 rbds. Une première distinction qui sera suivie de trois autres en janvier et février, notamment avec une série de quatre victoires consécutives en battant les têtes de série n°13 et 7 : Louisville et Virginia. Mais le match le plus attendu de la saison eut lieu quelque temps après, face au rival North Carolina. Dans un match irrespirable, au sein de la maison des Tar Heels, la tête de série n°20 va battre de un petit point l’université cinquième de la conférence. Ingram y contribua grandement avec 20 pts et 10 rbds. Duke finit ainsi la saison régulière quatrième de l’ACC, mais se fit éliminer en demi-finale régionale par Oregon (82-68), malgré 24 pts de Ingram.

En avril, le jeune homme décide de sauter ses 3 années d’université pour passer chez les pros.

La rude transition

Avec ses qualités athlétiques et ses stats affichées en tant que Blue Devil (17,3 pts, 6,8 rbds, 2 passes et 1,4 contres), le top 5 lui est quasiment acquis. Et c’est une franchise, qui voit une légende partir, qui saisira sa chance en le choisissant. En 2ème position de la draft, les Lakers, en quête de renouveau, le sélectionne malgré son jeune âge : 18 ans.

La première saison est compliquée pour le joueur. Le rythme de la NBA est intense, Brandon ne se sentait pas à son aise dans le roster californien, bref, tout pour perdre confiance en lui. La transition est dure pour le grand ailier, qui constate ses défauts et lacunes physiques face aux professionnels plus aguerris. Hormis quelques pointes à 20 points, Ingram va afficher des stats moyennes (9,4 pts, 4 rbds, 2 ast et seulement 29 % derrière l’arc sur 79 matchs joués). Le bilan des Angelinos est famélique (26 victoires, 56 défaites), et hormis une place dans le NBA All Rookie 2nd Team, celui d’Ingram est plutôt décevant.

Brandon Ingram - Los Angeles Lakers
Brandon Ingram, Los Angeles Lakers – © NBAE via Getty Images

En 2017, les arrivées de Kyle Kuzma et Lonzo Ball font du bien à l’ailier, qui se sent plus à l’aise et confiant dès la Summer League, remportée par les Lakers avec un Ball MVP du tournoi et Kuzma MVP de la finale. La saison est mitigée jusqu’à maintenant en terme de résultats. Ingram est présent aux points et aux rebonds, mais un Ball sur courant alternatif ou blessé, ça finit par se ressentir… 19 victoires pour 30 défaites et onzième à l’Ouest, les playoffs ne seront pas encore pour cette année. Malgré tout, Ingram est toujours en phase de progression, bossant sur ses défauts. Et à 19 ans, ça promet !

Un profil physique à la Kevin Durant

Avec son physique de Kevin Durant, Brandon possède cette facilité pour shooter, quasi inarrêtable pour un ailier de 2m. Pour les intérieurs plus grands, sa vivacité fera le job. Pour l’instant, dans un effectif plutôt homogène sans grand leader, il rend une copie très honorable : 15,3 pts, 5,4 rbds, 3,4 passes et 34 % à 3 pts. Un des hics reste encore la défense, trop discrète : 0,8 interception et 0,7 contre de moyenne.

En 2014, Durant avait dit en avoir eu marre d’être le n°2 trop souvent, pour la draft, pour le MVP… La comparaison est juste avec Ingram, gros bosseur avec un peu moins de talent que KD. Il ne tient qu’à lui de rester un n°2 ou d’écrire son histoire en lettres majuscules. Quoi qu’il en soit, se retrouver face à son aîné lui a donné des ailes fin décembre : 32 pts (record en carrière), 5 rbds, 3 passes, 3 steals et 2 contres en 44 minutes. Le tout à 57 % aux tirs, ça c’est de la motivation.

Qu’elles soient bonnes ou mauvaises, les critiques sont fondées. La dure loi du haut niveau s’applique aussi à Ingram, où l’irrégularité sera pointée du doigt, au même titre que des perfs venues d’une autre sphère. Toute la hype est portée sur d’autres, plus élégants, plus bankables. Cela peut lui laisser une partie de sa tranquillité pour continuer sa progression sans pression inutile.

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