Delon Wright: un californien au Canada

Il est de ces joueurs très discrets au sein de la ligue et pourtant diablement utiles. Si Toronto a réalisé une belle saison (jusqu’aux demi-finales de conférence et le génocide sweep orchestré par LeBron et ses potes sur les Dinos), c’est grâce à un banc ultra productif. Fred VanVleet, Pascal Siakam, C.J Miles ou autre Jakob Pöltl, tous ont eu un bon rôle dans la franchise canadienne. Mais un certain meneur au numéro 55 du nom de Delon Wright a franchi un bon palier cette année. Le combo-guard remplaçant a montré tout son potentiel au sein d’un bon collectif. De quoi lui promettre un beau futur ? Portrait sur Delon Wright !

L’avant NBA : le parcours du combattant

Âgé de 26 ans, Delon Wright n’est dans la grande ligue que depuis trois ans seulement. Avant cela, le natif de Los Angeles a dû batailler pour se faire un nom dans le basket. S’il est le frère de Dorell Wright (l’ancien joueur du Heat ou des Warriors entre autres), la réputation des Wright dans le milieu de la balle orange n’est pas des plus connues.

Pourtant l’un des meilleurs basketteurs de son Etat, Wright ne trouvera d’université demandeuse du jeune meneur. Il sera obligé de s’inscrire dans l’Association sportive de la communauté des collèges de Californie à San Francisco. Ceci étant, ce passage dans cette association lui fera le plus grand bien. Il réussit deux belles saisons et s’envole pour l’université de Utah, établissement qui a vu passer d’anciens bons joueurs comme Andrew Bogut ou Andre Miller.

Delon Wright dribble - Toronto Raptors vs Cleveland Cavaliers - NBA Playoffs 2018
Delon Wrigh, Toronto Raptors – © NBAE via Getty Images

L’impact de Delon Wright chez les Utes

Sous les ordres de Larry Krystkowiak, le natif de Los Angeles va devenir un joueur majeur de l’équipe. Il finit la saison à 15.5 points, près de 7 rebonds et plus de 5 caviars de moyenne, le tout avec une diabolique activité défensive. La deuxième saison sera du même calibre pour Wright avec des stats similaires en 34 minutes de jeu. La récompense viendra enfin pour le joueur des Utes, il obtient en effet le prix Bob Cousy en 2015. Ce prix récompense le meilleur meneur de jeu universitaire depuis 2004 en hommage à la légende des Celtics (enfin, l’une des légendes des Celtics). Ce trophée a notamment été décerné à Kemba Walker, Ty Lawson ou tout récemment à la pépite de Villanova Jalen Brunson.

Delon Wright, ayant déjà hésité l’année précédente décide de franchir un nouveau cap et de s’inscrire à la draft NBA 2015. Et ce nouveau cap se situe dans l’Ontario.

Delon Wright dribble - Toronto Raptors - NBA Playoffs 2018
Delon Wrigh, Toronto Raptors – © NBAE via Getty Images

L’arrivée en NBA

Ainsi, le 25 juin 2015, avec le vingtième choix du premier tour de draft, les Toronto Raptors choisissent Wright. Les débuts sont difficiles pour le rookie. Entre affectation à la ligue d’été, aller-retours entre la NBA et la G-League, la première saison NBA du californien est délicate. Malgré son impact en défense et sa bonne création de jeu, l’ancien d’Utah ne joue que huit petites minutes de moyenne. Et si la deuxième saison voit Delon jouer le double de ce qu’il jouait l’année précedente, le nombre de matchs joués en cette année sophomore (27) reste le même que pour sa saison rookie. La faute à quoi ? Une mauvaise utilisation de Dwane Casey préférant l’envoyer avec les Raptors 905 et une blessure à l’épaule droite.

Plusieurs facteurs vont permettre à Wright de voir le jour en sa troisième saison NBA. L’humiliation en playoffs face à Cleveland avec une sous-utilisation du banc, une sur-utilisation du duo Lowry-DeRozan ou encore la complémentarité trouvée avec Fred VanVleet vont faire éclore le californien en cette saison 2017-2018. Si les stats ne sont pas dingues (8 points-3 rebonds-3 assists et une interception), l’apport dans le jeu est net. Un coup de mou de DeRozan ? Pas de soucis, le meneur joue en 2 et apporte sa création son shoot et sa défense. Jouer 21 minutes en moyenne pour un remplaçant sur 69 matchs disputés, c’est beaucoup mais c’est justifié tant l’apport du numéro 55 est grand. Son match à 25 points et 13 rebonds contre Chicago en janvier dernier suffit à montrer le potentiel de Wright. Mais quel avenir pour le californien chez les Dinos ?

Un avenir flou

Possédant encore deux ans de contrat à Toronto pour pas cher (2,5 Millions la saison, bonjour l’investissement), Wright voit son avenir dans l’Ontario. Mais avec quel rôle ? La franchise canadienne en pleine reconstruction depuis le sweep des Cavs (coucou Dwane Casey), les choses pourraient bouger cet été. Le back-court Lowry-DeRozan est en péril depuis leurs sombres performances post-saisonnales et le duo VanVleet-Wright est le duo d’arrière remplaçant le plus efficace et talentueux de la ligue. De quoi bouleverser la hiérarchie ? Peu probable. Mais il faudra surveiller le management canadien cet été, des trades sont envisageables, même ceux autour de Kyle Lowry et DeMar DeRozan. Et le talent de Delon Wright à 26 ans est réel, et son potentiel encore bien exploitable.

La saison 2018-2019 s’annonce sympathique pour Delon Wright. De plus en plus côté dans son rôle de remplaçant de luxe, le californien s’éclate. De quoi attirer les convoitises pour un rôle plus grand encore ? Réponse dans les prochaines semaines et les prochains mois pour Delon Wright, un californien au Canada.

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