Hassan Whiteside : Un colosse à la mentalité douteuse

La reconstruction du côté du Miami Heat se fait lentement mais sûrement. Depuis le départ de LeBron James en 2014, la franchise se relève petit à petit autour du duo Pat Riley-Erik Spoelstra. De bonnes pièces ont ainsi été ajoutées à l’effectif (Goran Dragic, Josh Richardson, Justise Winslow). Mais d’autres semblent quant à elles de plus en plus douteuses. C’est le cas notamment du pivot Hassan Whiteside. Alors qu’il régalait à ses débuts, cette saison fût compliquée pour le numéro 21. D’ailleurs, les relations avec ses supérieurs semblaient tendues cette année. Un départ est-il à prévoir ? Whiteside peut-il encore apporter au Heat ? Portrait de l’intérieur de South Beach.

Hassan Whiteside layup - Miami Heat - NBA 2018
Hassan Whiteside, Miami Heat – © NBAE via Getty Images

L’avant NBA: un diamant pur à polir

C’est en Caroline du Nord que le jeune Hassan Whiteside voit le jour. Enfant d’une famille nombreuse (six frères et sœurs) et d’une mère célibataire, il décide de rejoindre son père adolescent pour sa carrière lycéenne de basketteur. Il arrive ainsi au lycée Patterson de la ville de Lenoir après avoir vadrouillé dans tout l’Etat. C’est là qu’il va commencer à se révéler et emmener son équipe à un sympathique bilan de 34 victoires et 2 défaites. Lui et son coéquipier DeAndre Kane (qui le suivra à l’université) font de Lenoir le meilleur lycée de basket du pays. Il est classé 19ème intérieur du pays chez les lycéens et il fait son apparition au Reebok all-american. C’est donc tout naturellement que le jeune Whiteside attire la convoitise.

Avec son pote Kane, il part en 2010 à l’université de Marshall malgré l’intérêt de Kentucky entre autres. L’attention autour de l’intérieur va se concentrer en décembre de la même année. Ainsi, ESPN écrit un article sur lui pour témoigner de deux performances monstrueuses livrées par Whiteside. Il frôle le triple-double contre les Bobcats de l’Ohio le 28 novembre avec 14 points, 17 rebonds et 9 contres (!). Ainsi, plus tard, il enregistre 17 pions, 14 gobages et 11 bâches, dans le plus grand des calmes. Le freshman finira la saison avec 13 points, 9 rebonds et 5.4 contres de moyenne, paye ton protecteur d’arceau. Il se déclarera éligible à la draft 2011 après que le coach de Marshall Donnie Jones s’en aille de l’université.

Et c’est de façon surprenante que les galères vont commencer pour le natif de Gastonia.

L’arrivée en NBA: un petit tour et puis s’en va

La déception arrivera rapidement dans le rang des deux produits de Marshall, Kane et Whiteside. Le premier a pourtant cartonné avec les Lakers en Summer League en 2014. Mais malgré cela, il n’a jamais foulé les pieds en NBA. Il se balade aujourd’hui un peu partout en Europe et joue actuellement pour le Maccabi Tel-Aviv. Le second, quant à lui, est drafté par les Sacramento Kings au 33ème choix de la draft. Mais la draft ne fait pas tout, Whiteside va connaître quatre ans de galère terrible.

Pour sa saison rookie, il ne disputera qu’un seul match avec deux minutes de temps de jeu accordées. Il jouera essentiellement en D-League et se blessera en mars 2011.

La saison de sophomore de Whiteside n’est guère plus réjouissante. Il joue à peine 18 matchs en fin de saison 2011-2012 pour 6 minutes de jeu en moyenne…

Sacramento coupe le natif de Gastonia en juillet, et la traversée du désert se poursuit. Le pivot effectuera diverses piges en D-League et ira s’aguérrir en Chine et au Liban où il fera un carton. Ses performances remarquées, il suffit d’un coup de fil pour relancer une carrière. Et ce dernier sera délivré par Pat Riley en personne.

Le retour en NBA : l’éclosion d’un monstre athlétique

Alors que les Memphis Grizzlies ont fait une croix dessus à l’aube de la saison 2014-2015, le Heat lui va se saisir de l’opportunité. Alors qu’il semblait bon pour aller faire un nouveau tour en D-League, Erik Spoelstra va finalement faire appel à l’ancien joueur des Kings. Et cette marque de confiance va porter ses fruits. Trois semaines seulement après ses débuts à Miami, Whiteside enregistre son premier double-double contre les Nets (11 points, 10 rebonds et 5 contres en cadeau). Trois semaines plus tard ? Et bien c’est carrément un triple-double que va nous servir le pivot avec 14 points, 13 rebonds et 12 contres (!!)…en 25 minutes…en sortant du banc…et en claquant au passage le record de contres dans l’histoire du Heat. Tout simplement monstrueux.

Goran Dragic et Hassan Whiteside discussion - Miami Heat
Goran Dragic & Hassan Whiteside, Miami Heat – © NBAE via Getty Images

La confirmation

Devenu une pièce essentielle à South Beach, Hassan Whiteside va rapidement s’imposer comme un titulaire indiscutable de Miami. Athlète sur-développé, excellent défenseur, protecteur d’arceau, menace terrible sous les paniers, le numéro 21 devient rapidement un joueur côté dans la ligue. Il finit ainsi meilleur contreur de la ligue sur la saison 2015-2016 (3.7 blocks de moyenne) et Miami termine troisième de l’est. Très complémentaire de Chris Bosh, Whiteside sera privé de son copain de raquette, la faute à la découverte de caillots sanguins (quelle fin de carrière soudaine et triste pour un super joueur comme Bosh au passage…). Le Heat se fera sortir en demi-finales de conf’ par Toronto. Pourtant, Whiteside est bon sur cette série et D-Wade est brillant en déclenchant le mode vintage.

Après une saison et demie de très bonne facture, le gamin originaire de Caroline du Nord prendra sa revanche sur le passé. Il signe ainsi un gros contrat avec le Heat de 98 Millions de dollars sur quatre ans, et ce malgré l’intérêt des Mavs. Et ce gros contrat sera justifié la saison suivante avec une saison 2016-2017 en 17 points, 14 rebonds (meilleur rebondeur de la ligue) et plus de 2 contres de moyenne.

Mais les saisons peuvent se suivre et ne pas se ressembler.

De star à cancre de l’équipe

Si la saison 2017-2018 débute superbement pour le pivot avec un match à 26 points et 22 rebonds dans une défaite contre Orlando (oh la honte…), la suite de l’exercice sera plus périlleux. Entre blessures (28 matchs manqués) et baisse de temps de jeu (de 32 à 25 minutes de moyenne), le pivot ne fait plus l’unanimité. Les embrouilles avec coach Spoelstra se font de plus en plus régulières et le comportement capricieux du numéro 21 refont surface. Pourtant ultra dominant quand il s’y met sérieusement (27-13-6 contre Milwaukee en janvier), Whiteside est irrégulier.

Le couronnement de sa non motivation se fait en playoffs contre Philadelphie. Avec 15 minutes au compteur, il cumule 5 points, 6 rebonds et une bâche de moyenne seulement.. Miami se fait sèchement sortir en 5 matchs, et les regrets sont nombreux à South Beach.

Les liens semblent rompus entre Whiteside et ses dirigeants. Coach Spoelstra ne semble plus lui faire confiance. De son côté, Pat Riley n’hésite pas à parler de la possibilité d’un trade cet été pour le géant. De plus, le boss du Heat semble déterminé à attirer un gros poisson à la free agency pour améliorer l’équipe. Mais pour cela il va falloir se débarrasser du gros contrat de Whiteside.

Hassan Whiteside & Erik Spoelstra - Miami Heat - NBA 2018
Hassan Whiteside & Erik Spoelstra, Miami Heat – © NBAE via Getty Images

Un avenir inscrit en pointillés

D’ailleurs, quel avenir pour le pivot ? Si le futur semble bouché à Miami, d’autres franchises se feraient sûrement le plaisir de récupérer le numéro 21. Mais au delà de l’incertitude de l’équipe dans laquelle il jouera, c’est surtout l’avenir tout court du pivot qui est suspect. En effet, dans une ligue jouant de plus en plus small ball, les grands intérieurs comme Whiteside se feront peut-être rares.

Ce qui est certain c’est que le natif de Gastonia va être marchandé par Pat Riley cet été. Mais pour aller où ? Allez, encore quelques semaines de patience pour savoir qui va acquérir Hassan Whiteside, un colosse à la mentalité douteuse.

 

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