Finals NBA : Warriors – Cavaliers, acte 4

Nous y voici. Le moment le plus attendu de la saison : les Finals NBA ! Après deux finales de conférence qui se sont achevées lors d’un Game 7, nous assisterons une nouvelle fois à une dernière série entre la superteam des Golden State Warriors et l’équipe de Lebron James, les Cleveland Cavaliers. Il s’agit de la quatrième confrontation en Finals entre les deux équipes. Golden State en a remporté deux (2015, 2017) et Cleveland une (2016). Voyons ce que cette série veut nous proposer.

Warriors, première sonnette d’alarme

Contrairement aux dernières séries, Golden State a été proche de voir l’élimination lors de la finale de conférence Ouest (victoire 4-3 contre les Houston Rockets). Sans un choke des joueurs de Mike D’Antoni, qui se sont tristement illustrés en ratant 27 tirs à 3 points d’affilées, Houston aurait pu participer aux Finals. Il s’agit certes d’un « what if » mais force est de constater que la franchise d’Oakland ne paraît plus aussi invincible que lors des années précédentes. Même lors des Finals 2016, où les hommes de Steve Kerr ont vu Cleveland effacer un retard de 3-1 (victoire des Cavs 4-3), nous avions une franchise quasiment imbattable.

Cela s’explique de plusieurs façons. Tout d’abord, Golden State n’a pas été épargnée par les blessures lors de ces playoffs. On pense notamment à Stephen Curry, dont l’absence a joué de sales tours à son équipe, ou encore à Andre Iguodala, dont la défense et la science du jeu permettent souvent de maintenir l’avance des Warriors voire de la creuser. Lors des deux premiers matchs, Curry – Thompson et Durant ont fait parler leurs qualités offensives alors que des joueurs comme Draymond Green ont été essentiels en défense et dans l’aspect psychologique. Cela a permis à Golden State de mener 2-0 à l’Oracle Arena.

Néanmoins, les temps de jeu pourraient vite rattraper les Warriors. Lors du Game 1, le 5 majeur (Curry – Thompson – Durant – Green – Looney) a joué plus de 45 minutes, à l’exception du dernier nommé. Lors du Game 2, le temps de jeu a été mieux réparti puisque la rencontre a été moins serrée.

Cavaliers, l’arme Lebron James

Tout d’abord, impossible de parler du parcours des Cavs en playoffs et lors de ces Finals sans parler des exploits du franchise player : Lebron James. Un shoot au buzzer impressionnant lors du Game 5 contre Indiana, un autre encore plus improbable lors du Game 3 contre Toronto, un 35 – 9 – 15 contre Boston au Game 7 avec 48 minutes de jeu (!) et, très récemment, le Game 1 des Finals à 51 – 8 – 8, match finalement perdu contre les Warriors suite à une erreur grotesque de J.R. Smith.

Cleveland est Lebron-dépendant, cette saison plus que les autres. Cela ne peut pas tenir sur la durée. Voir un joueur passer plus de 41 minutes sur le terrain lors de 20 matchs consécutifs (dont deux à 48 minutes !) ne présage jamais rien de bon. D’autant plus que le coaching de Tyronn Lue est parfois un mystère, mystère que le Game 1 des Finals met en lumière. Lors de ce match, George Hill dispose de deux lancers décisifs à quelques secondes de la fin du match, le score est de 107 – 106 pour GSW. Hill marque le premier mais rate le second. Smith capte le rebond et s’éloigne du cercle pensant que Cleveland menait au score. Malgré cette erreur, Lue disposait d’un dernier Timeout qui aurait permis aux Cavs de jouer une dernière possession. Il n’en sera rien.

Cela montre une chose : le roster de Cleveland paraît aujourd’hui léger pour lutter contre une équipe comme Golden State. Smith n’arrive pas à régler la mire, Clarkson se permet des hero-balls malvenus et la plupart des nouveaux arrivants manquent d’expérience des playoffs (Clarkson, Nance Jr et Zizic voient la postseason pour la première fois).

LeBron James rage - Cleveland Cavaliers - NBA 2018
LeBron James, Cleveland Cavaliers – © NBAE via Getty Images

2017 – 2018, le commencement du passage de témoin ?

« Nothing lasts forever« . Cet adage convient bien à la NBA actuelle. La domination des Warriors et des Cavaliers prendra fin et, très probablement, plus tôt que l’on ne peut le penser. Aucune des deux franchises n’a été aussi dominatrice que par le passé lors de ces playoffs. Malgré leur accès aux Finals, la passation de pouvoir pourrait se faire rapidement. Mais, à quelle(s) franchise(s) cela pourrait profiter ?

A l’Est, la réponse semble évidente : Boston et Philadelphie. L’équipe de Brad Stevens a emmené les Cavaliers dans un Game 7 accroché alors que l’équipe n’a pas pu compter sur ses deux All-Stars Hayward et Irving. Jayson Tatum est, quand à lui, un rookie impressionnnant et déjà NBA-ready. Côté Philadelphie, l’association Simmons – Embiid marche à merveille et devrait être le noyau dur de l’équipe. Il ne manque peut-être qu’une superstar à ajouter au roster (le nom de Lebron James revient avec insistance du côté de Philly) pour que cette dernière franchisse un palier.

A l’Ouest, la question est plus compliquée, tant les équipes qui se sont affrontées n’ont soit pas joué à leur meilleur niveau (Portland, San Antonio voire OKC), soit étaient inférieures aux Warriors (New Orleans et Minnesota). Néanmoins, deux franchises ont été au rendez-vous : Utah et Houston. Alors certes, Utah n’a pas encore le niveau de pouvoir aller chercher Golden State. Néanmoins, la vision de jeu de Rubio, le talent offensif de Mitchell et la rigueur défensive de Gobert sont une base solide à améliorer pour pouvoir se permettre de rêver encore plus. Pour Houston, cela a été très proche. La blessure de CP3 et le manque de réussite à 3 points (16% lors du Game 7 à 7/44) auront eu raison de cette équipe qui est, à l’heure actuelle, la plus à même de voler une place pour les Finals. Mention honorable aux Lakers où Magic Johnson compte bien aller chercher des superstars pour redresser la barque. Cela se fera sur un temps plus long que pour les autres franchises précédemment citées, mais vaudra sans doute le coup d’oeil.

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