Jordan Clarkson : la pièce « useless » ?

Passé son 26ème anniversaire, revenons sur un joueur qui marque ces playoffs par sa médiocrité et un niveau bien juste face à un Steph Curry qui le punit encore et toujours. Jordan Clarkson naît en Floride, à Tampa, avant de prendre la direction du Texas vers ses 6 ans et d’atterir à San Antonio. Un peu comme Tim Duncan en fait. Il fait toute sa scolarité secondaire au lycée Karen Wagner. En tant que sophomore, il reçoit de nombreuses distinctions de l’État, malgré un faible scoring (10 pts par match). L’année suivante, il passe la vitesse supérieure en envoyant 20 pts, 6 rebonds et 4 passes par match, menant son équipe à un 32-8 ainsi qu’une demi-finale de la Classe 5A de l’État.

Jordan Clarkson layup - Cleveland Cavaliers - NBA 2018
Jordan Clarkson, Cleveland Cavaliers – © NBAE via Getty Images

Le College. Les 2 Collèges.

Le 11 Novembre 2009, il rédige une lettre d’engagement avec l’université de Tulsa. Et pour sa dernière année, il signe les mêmes statistiques qu’en junior, son lycée fait une saison dantesque avec 38 victoires pour 2 défaites uniquement. Finalement, l’équipe s’arrête en demi-finales du championnat d’État.

Lors de son année freshman à Tulsa, il est nommé dans la Conference USA All-Freshman Team. En 25 min par match, il carbure à 11.5 pts – 2.1 rebonds – 1.9 passes de moyenne. Son équipe a un bilan moyen (19-13), non qualifiée dans les tournois majeurs de la NCAA. Sa saison sophomore est plus prolifique : 16,5 pts – 3,9 rebds – 2,5 passes en 34 mns par match. Il est récompensé de ses bonnes performances en étant nommé dans la All Conference USA first team. Malgré cela, Tulsa réalise une saison encore moins bonne que l’an passé : 17 victoires pour 14 défaites.

En mai 2012, il décide de partir pour l’université de Missouri, engendrant ainsi selon les règles de la NCAA, une année 2012-2013 blanche (redshirt). Il reprend l’année suivante dans sa nouvelle équipe où il est nommé dans la 2014 All-SEC 2nd team ainsi que dans le liste de 25 joueurs en lisse pour remporter le trophée John Wooden. Sur les 35 matchs de la saison, il est titulaire et assure de bonnes statistiques : 17,5 pts – 3,8 rebds – 3,4 passes, dans un registre davantage scoreur que distributeur.

Missouri finit la saison régulière avec un bilan moyen 21-10. Lors du tournoi SEC, les Tigers viennent à bout de Texas A/M en double prolongations au 1er tour, mais s’inclinent en quarts de finale face à Florida, la tête de série n°1, très sèchement (49-72). Non qualifié pour la March Madness, Missouri doit se contenter du NIT. Les Tigers, têtes de série n°2, battent Davidson (Steph Curry n’y est plus depuis un moment…) 85-77, mais tombent contre Southern Miss (63-71). Clarkson y tourne à 14 pts, 2 rebonds et 3,5 passes en 2 matchs.

Rejoindre le plus grand des clubs

Inscrit à la draft 2014, il est sélectionné en 46ème position par les Washington Wizards. Il est envoyé dans la foulée aux Lakers, qui le signe le 25 août 2014. Il ne joue pas au total pendant une bonne moitié de la saison, réduit à de la D-League ou à du banc. Il participe à 38 matchs cette saison d’une équipe en déroute : 21 victoires pour 61 défaites. Jordan gagne ses galons au fur et à mesure, jouant 34 min/match sur Mars et Avril, et réussissant même une perf’ à 30 pts, 7 passes, 3 rebonds et 3 contres dans une défaite face au Thunder.

Avec 11,9 pts – 3,2 rbds – 3,5 passes de moyenne, il est sélectionné dans la All Rookie First Team. Il fait partie des 5 joueurs récompensés issus d’un 2nd tour de draft. Ses débuts prometteurs sont encourageants pour des Lakers en quête de reconstruction. La saison suivante voit progresser Clarkson en terme de statistiques (15,5 pts – 4 rbds – 2,4 passes) en ayant plus de temps de jeu sur 79 matchs de la saison. Et même avec un Kobe retrouvé, qui joue 66 matchs, les Lakers font pire que l’an passé : 17 victoires pour 65 défaites…

Des résultats qui auraient pu faire réfléchir les dirigeants. Mais non. Ils décident de faire signer un contrat de 50 millions sur 4 ans au jeune meneur en juillet 2016. Sur le fond, l’arrière de 24 ans est talentueux et régulier, mais c’est une vraie passoire en défense. Face à lui les top meneurs se régalent en 2016 (CP3 : 23, 27 et 25 pts sur 3 matchs, Curry : 24, 17 et 26 pts, Westbrook : 13, 23 et 36 pts ou encore Thomas : 24 et 26 pts). Le tout avec une seule victoire sur ces matchs : sur les Warriors aux 73 victoires (tout de même). Jordan ne répond pas présent sur les pick-and-rolls, et même en one-one, il est à la peine face aux meneurs expérimentés.

Ainsi, il est relégué à un rôle de 6ème homme en 2016-2017, ne démarrant que 19 matchs mais en amenant toujours les mêmes statistiques. Il réalise son meilleur match en carrière le 24 mars 2017 en scorant 8 paniers derrière l’arc dans une victoire en OT contre les Wolves.

Sans Kobe, nouveau retraité, l’équipe réalise 9 victoires de plus qu’en 2016, ratant les playoffs. Pour changer…

La saison 2017-2018 repart sur les mêmes jeunes et mêmes bases. Mais un transfert vient tout bouleverser. Isaiah Thomas, ex-meneur star des Celtics, envoyé à Cleveland et dont le rendement n’est pas celui attendu, est sur le départ. Il est finalement échangé avec Larry Nance Jr contre Thomas et Frye. Direction Cleveland !

Malgré une saison et une intégration compliquée où c’est surtout LeBron qui aura tenu l’équipe, il semblerait que Clarkson ne sert qu’à apporter ses 13-15 points/match, 3-4 passes, prendre quelques rebonds, et c’est tout. Il n’a ni les épaules ni le mental pour prendre un leadership. Ce n’est pas un chien de garde non plus. Et le monde entier l’a vu sur ses finales NBA, qui exigent un niveau d’exception. A ce jeu là, impossible de titiller le niveau d’un Kyrie Irving, habitué aux matchs étouffants ainsi qu’aux performances régulières à 25-26 pts de moyenne.

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