Buddy Hield : un envol délicat

Après deux saisons passées en NBA, Buddy Hield n’a pas encore l’impact escompté au moment de sa draft en 2016. Si les premiers mois à New Orleans ne furent pas évidents, beaucoup pensaient que l’arrière se révèlerait chez les Kings. Pourtant, bien que son apport ne soit pas négligeable, il reste inférieur à ce qu’il pourrait être. De plus, avec la draft et le deuxième pick pour Sacramento le 21 juin, un certain Luka Doncic pourrait arriver. Alors, est-ce que l’ancien arrière de la faculté d’Oklahoma peut exploiter tout son potentiel ? Son avenir se situe-t-il dans la capitale californienne ? Portrait et focus sur le numéro 24 des Kings.

Les Bahamas…

Chavano Rainier Hield. Oui c’est le nom complet de «Buddy», ce dernier étant un sobriquet attribué par sa mère en référence au personnage de Bad Bundy dans la sitcom «Married…with Children». Hield est issu d’une famille nombreuse qui aime le sport, et Buddy va lui se diriger vers la balle orange.

Au lycée Jack Hayward, il enchaîne les grosses performances et les miracles. Il permettra à son équipe de remporter un tournoi national en finale grâce à un buzzer beater. Mamba Mentality. Plus tard, lui et son équipe remporteront le championnat inter-lycéen des Bahamas et le nom de Buddy résonne chez les scouts et observateurs américains.

Buddy Hield dribble - Sacramento Kings - NBA 2018
Buddy Hield, Sacramento Kings – © NBAE via Getty Images

Il finira son parcours scolaire aux Etats-Unis, plus précisément à la Sunrise Christian Academy de Wichita dans le Kansas. Sa dernière saison ? Oh, juste 22,7 points de moyenne en 21 minutes, petite rentabilité. Les convoitises universitaires se font alors rapidement. Kansas pensait tenir la corde pour le lycéen, mais c’est finalement l’université d’Oklahoma qui l’emporte. Hield s’en va donc jouer pour les Sooners, et il va le faire pendant quatre ans.

…et l’Oklahoma

Si la première saison du natif des Bahamas est peu fournie statistiquement, l’évolution de son jeu sur les trois suivantes est impressionnante. En plus de devenir un bon défenseur, Hield s’achète un shoot à trois points. Il passe de 27 à 38% en quelques mois, une évolution fulgurante donc. Cette évolution se fera de manière globale chez Buddy pour sa quatrième et dernière année. Il compile ainsi 25 points, 5,7 rebonds, 2 assists, 1 interception par match, le tout à 50 % au tir, 45 % à trois points (!) et 88 % aux lancers francs. L’année sénior de Buddy Hield est monstrueuse, en témoignent ses 46 points dans une défaite en triple-prolongations (!!) contre…Kansas. Le public adverse lui réservera néanmoins une superbe ovation pour sa performance.

Son cursus universitaire complet, Hield est prêt pour la NBA.

Des débuts contrastés en Louisiane

Attendu dans le top 10 de la draft, Buddy ne va pas déroger aux prévisions. Ainsi, ce sont les Pelicans qui sélectionnent la pépite des Caraïbes en sixième spot.

Séduisant en ligue d’été avec des moyennes de 17 points, 5 rebonds et 4 passes décisives, le nouveau joueur de NOLA va s’adapter doucement à la NBA. Auteur notamment d’un bon mois de décembre 2017, il sera nommé rookie du mois à l’ouest. Son match à 21 points et 5 tirs du parking contre Indiana est notamment récompensé. Ses débuts chez les Pels sont cependant contrastés. Souvent titulaire (37 titularisations en 57 matchs), l’apport offensif de Hield est remis en question, l’entente avec Jrue Holiday et Anthony Davis ne semble pas parfaite. Mais les choses s’apprêtent à bouger pour le produit d’Oklahoma.

Le déménagement à Sac Town

Le 20 février 2017, une énorme bombe tombe sur la planète NBA. DeMarcus Cousins est tradé par les Kings avec Omri Casspi, direction New Orleans. En échange, les Pelicans envoient Tyreke Evans, Langston Galloway, des tickets de tombola et donc Buddy Hield. Les dernières semaines de compétition se déroulent alors bien pour le numéro 24 des Kings. Il est rookie du mois de mars à l’Ouest avec une moyenne de 14 points par match et finira par une pointe à 30 pions sur les Suns le 11 avril. De plus il est nommé dans la All-NBA Rookie First Team en compagnie de Malcolm Brogdon, Dario Saric, Willy Hernangomez et Joel Embiid. Sacramento voit De’Aaron Fox débarquer à la draft 2017, et les Kings pensent détenir un back-court très prometteur.

Buddy Hield - Sacramento Kings - NBA 2018
Buddy Hield, Sacramento Kings – © NBAE via Getty Images

Pourtant, Dave Joerger lui attribuera ses minutes en sortie de banc. Lorsqu’il est arrivé en Californie, Hield a débuté 18 fois sur 25 les rencontres. Sur l’exercice 2017-2018, il ne fut titulaire qu’à 13 reprises sur 81 matchs…En 25 minutes de moyenne, il a scoré 13,5 points par match, ce qui est très honnête. Mais au vu de son potentiel et de son apport, Hield peut-il être plus qu’un simple sixième homme ?

Un avenir ailleurs qu’à Sacramento ?

Buddy Hield est-il dans l’équipe qui lui convient ? La question vient à se poser. Encensé à son arrivée par Vlade Divac qui le présentait comme le nouveau Stephen Curry (hum), la hype autour du natif des Bahamas semble avoir diminuée. Le futur très haut choix de draft de Sacramento (#2) pourrait s’abattre sur la pépite Luka Doncic. Le problème pour le numéro 24 des Kings est que le Slovène joue à son poste. Le temps de jeu et les responsabilités de Buddy, déjà limités, seraient alors certainement revus à la baisse. De quoi lui convenir ? Certainement pas. Malheureusement pour Hield, il ne sera pas free agent cet été étant donné qu’il lui reste un an de contrat rookie. Son avenir sera donc entre les mains des dirigeants des Kings.

Buddy Hield dribble - Sacramento Kings VS Toronto Raptors - NBA 2018
Buddy Hield, Sacramento Kings – © NBAE via Getty Images

Il serait dommage de ne pas voir s’exprimer Buddy Hield tant le potentiel de l’arrière est grand. Dans un profil à la Victor Oladipo, le natif des Bahamas espère pouvoir s’exprimer pleinement et pourquoi pas exploser comme son homologue de l’Indiana. C’est tout ce qu’on lui souhaite, car il est frustrant de ne pas voir un joueur talentueux s’épanouir entièrement. C’est malheureusement le cas de Buddy Hield, auteur d’un envol délicat après deux saisons NBA.

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