Rondae Hollis-Jefferson : l’incarnation de la renaissance des Nets

Engloutie dans les fins fonds de la conférence Est depuis plusieurs années, la franchise des Nets de Brooklyn semble renaître peu à peu. Sous l’impulsion de Coach Atkinson, expérimenté de par son aventure européenne, Brooklyn retrouve une identité. Et cette identité, basée sur un jeu rapide et porté vers l’attaque, est incarnée par un groupe homogène. Si les expérimentés Allen Crabbe ou DeMarre Carroll apportent leur pierre à l’édifice, la jeunesse new-yorkaise surtout rayonne au Barclays Center. Outre les D’Angelo Russell, Spencer Dinwiddie ou autre Jarrett Allen, un joueur prend du galon. Ce joueur, c’est Rondae Hollis-Jefferson, numéro 24 de l’équipe. L’ailier, en plein développement, prend de plus en plus d’épaisseur dans les rangs de Brooklyn. De quoi devenir une future star ? Eléments de réponse dans ce portrait concocté aux petits oignons.

NBA 2018 Rondae Hollis-Jefferson Euro Step Brooklyn Nets
Rondae Hollis-Jefferson, Brooklyn Nets – © NBAE via Getty Images

Un défenseur dans l’âme

Au moment de sa draft en 2015, «RHJ» était avant tout reconnu comme un très bon défenseur. C’est cette face du joueur qui a convaincu les Blazers de le drafter le 25 juin au 23ème spot du premier tour. Car oui, avant d’atterrir dans le quartier new-yorkais, l’ailier a d’abord été repéré par la franchise de l’Oregon. Mais, intéressés par Mason Plumlee, alors pivot des Nets, Portland va s’arranger avec son homologue de l’Est pour monter un trade. Ce sont ainsi Steve Blake et Hollis-Jefferson donc qui atterrissent dans la grosse pomme contre Plumlee et Pat Connaughton.

En l’espace de quelques jours, RHJ aura beaucoup voyagé. Car avant de se chercher un appart dans l’Oregon puis sur New-York, l’ailier était basé dans l’Arizona. Utilisé majoritairement en tant que sixième homme la première année (la concurrence était rude avec un certain Aaron Gordon), le natif de Chester en Pennsylvanie va gagner progressivement ses galons de titulaire pour son année sophomore.

Ses progrès offensifs sont nombreux. Son drive vers le panier, son shoot à mi-distance ou encore son jeu au poste peuvent confirmer nos dires. Cependant, ce sont ses aptitudes défensives qui sont mises en avant en premier chez Hollis-Jefferson. Utilisé sur les deux postes d’ailier, sa mobilité et son envergure sont précieuses en aide défensive. Bon intercepteur et bon contreur, c’est un joueur qui sait faire apprécier sa défense sur l’homme. Il sera d’ailleurs récompensé d’une sélection dans l’équipe défensive du Pac-12. Mais depuis son entrée dans la ligue, sa faculté à scorer n’a cessé de progresser.

De pur défenseur à joueur polyvalent

Si la première saison NBA de Rondae a été ternie par les blessures (27 matchs joués seulement), les deux suivantes sont de bonne facture. Le dernier exercice du numéro 24 montre son potentiel, avec ses 14 points, 7 rebonds et 2,5 assists par rencontre en moyenne. Depuis son arrivée en NBA, Kenny Atkinson, le coach des Nets, cherche à exploiter au mieux le potentiel de son joueur. Son implication dans l’animation offensive s’améliore, en témoigne son career high à la passe cette année. Et surtout, il devient une arme au scoring dont il faut se méfier, puisqu’il était ainsi le deuxième meilleur scoreur des Nets la saison passée (juste derrière D’Angelo Russell).

Rondae Hollis-Jefferson lay-up Brooklyn Nets
Rondae Hollis-Jefferson, Brooklyn Nets – © NBAE via Getty Images

Sa capacité à driver et à jouer au poste sont ses deux points forts pour marquer. Quand il pénètre vers le cercle, cela se termine généralement par une faute du défenseur adverse, car Hollis-Jefferson est puissant. Et sa réussite aux lancers-francs est en progression, il flirtait avec les 80 % l’année dernière. Sa panoplie dos au panier est intéressante pour son petit gabarit (2,01m), et son toucher près du cercle s’améliore. Enfin, ses progrès pour shooter loin du cercle sont visibles et sa main gauche peut faire des dégâts à mi-distance. Mais si sa panoplie offensive devient de plus en plus sérieuse, elle reste néanmoins incomplète.

Une marge de progression énorme

Il manque encore certains éléments à Rondae Hollis-Jefferson pour en faire un joueur pouvant espérer un gros contrat à l’été 2019, été où il sera potentiel free-agent (si sa Qualifying Offer n’est pas activée). Pour en faire un scoreur redoutable, l’ailier se doit de gagner en régularité dans son jeu. Et cela commence par son shoot. Notamment son shoot à trois points, puisque le numéro 24 est trop peu efficace dans ce domaine (27% en carrière). Mais, quand on voit les progrès réalisés à mi-distance, il y a de l’espoir.

La régularité doit aussi s’effectuer dans son jeu. Il ne fait ainsi pas tout le temps les bons choix et perd beaucoup de ballons pour un ailier (plus de deux pertes de balle en moyenne). Sa vision du jeu n’est pas assez exploitée cependant par coach Atkinson. Les Nets pourraient gagner en fluidité offensive et RHJ en confiance en exploitant ses capacités.

Enfin, si les aptitudes défensives du natif de Chester sont évidentes, son leadership dans sa moitié de terrain est encore incertaine. Pourtant, aux côtés du talentueux Jarrett Allen, la raquette de Brooklyn pourrait être un sacré verrou si les deux s’affirment dans ce domaine.

Quel avenir?

La question est maintenant de savoir quel type de joueur peut devenir Rondae Hollis-Jefferson. Encore jeune (23 ans) et pourtant déjà talentueux, l’ancien d’Arizona peut devenir un joueur de calibre all-star. Pour cela, il faut combler les lacunes citées plus haut. A-t-il les capacités pour le faire ? Là est toute la question, et c’est pour cela qu’il sera intéressant de suivre le numéro 24 des Nets dès octobre. Car avec RHJ, Brooklyn détient un diamant encore brut qui peut être davantage poli. L’avantage pour le joueur est qu’il est dans une franchise en reconstruction avec des jeunes. Il peut ainsi très vite s’y imposer comme un vrai taulier.

Rondae Hollis-Jefferson Brooklyn Nets Free Throw
Rondae Hollis-Jefferson, Brooklyn Nets – © NBAE via Getty Images

Les cartes sont donc entre les mains de Rondae Hollis-Jefferson, car si l’ailier continue à progresser comme il le fait depuis son entrée dans la ligue, l’Est va tenir un pur talent aux postes 3-4. Il est en passe aujourd’hui en tout cas de devenir l’incarnation de la renaissance des Nets.